Une fracture politique majeure secoue le chapitre de l'État du Benue du All Progressives Congress (APC), le parti au pouvoir au Nigeria. La publication d'une liste de 500 membres pour un conseil de campagne conjoint, destiné à soutenir la réélection du président Bola Tinubu et l'action du gouverneur Hyacinth Alia en 2027, a provoqué une levée de boucliers immédiate parmi les proches du Secrétaire au gouvernement de la Fédération (SGF), George Akume.
Désaveu public et contestation de légitimité
Le conflit a été déclenché par l'annonce, faite par le secrétaire à l'organisation de l'APC au niveau de l'État, James Ornguga, de la création d'une structure de campagne unifiée. En réaction, la « Benue Strategic Alliance for Tinubu 2027 », une plateforme de mobilisation politique liée à George Akume, a formellement désavoué cette initiative. Dans un communiqué, le directeur général de l'Alliance, Chief Akange Audu, a dénoncé l'inclusion non autorisée de ses membres, dont les conveneurs Senator Jack Tilley-Gyado et Elder Simon Shango, ainsi que de plusieurs candidats aux législatives, dans ce conseil de campagne.
Une hiérarchie politique en question
Au-delà de l'aspect procédural, c'est la structure même du pouvoir au sein du parti qui est contestée. L'Alliance s'est insurgée contre le fait que le gouverneur Hyacinth Alia soit désigné président du conseil de campagne, reléguant George Akume, figure historique et leader incontesté de l'APC dans le Benue, au rang de simple membre. Pour les alliés du SGF, cette configuration est révélatrice d'une volonté d'écarter les structures établies du parti au profit de l'administration actuelle, une tendance qu'ils observent depuis les élections générales de 2023.
Tensions sur la gouvernance locale
La crise dépasse le cadre de la préparation électorale pour toucher à la gestion de l'État. L'Alliance a profité de ce désaccord pour critiquer ouvertement le bilan du gouverneur Alia, évoquant les difficultés économiques rencontrées par les populations du Benue. Tout en réaffirmant son soutien indéfectible à la réélection du président Tinubu, le groupe insiste sur la nécessité d'une refonte de la gouvernance, axée sur la redevabilité et l'unité du parti. Alors que l'inauguration du conseil de campagne était prévue pour le 5 novembre à Makurdi, cet incident souligne une polarisation croissante qui pourrait durablement affecter la cohésion de l'APC dans cette région stratégique à l'approche des échéances de 2027.