La tension est montée d'un cran ce 26 octobre à l'Université de Nouakchott, où une mobilisation étudiante a été brutalement interrompue par les forces de l'ordre. Réunis à l'appel de quatre coordinations, les étudiants dénoncent une dégradation profonde de leurs conditions de vie, marquée par l'inflation des coûts de transport et une gestion jugée opaque des infrastructures universitaires.
Le poids financier du transport comme frein à l'accès aux cours
Au cœur des revendications figure l'explosion des tarifs de transport vers le campus, situé en périphérie de la capitale. Les étudiants dénoncent une hausse drastique, le coût de l'aller-retour atteignant désormais 600 ouguiyas, soit environ 13,38 euros. Pour de nombreux apprenants, notamment ceux résidant loin des points de desserte, le budget quotidien peut dépasser les 1 000 ouguiyas. Cette charge financière, couplée à l'insuffisance des bourses, rend la poursuite des études extrêmement précaire pour une large partie de la population estudiantine.
Logements et infrastructures au centre des griefs
Au-delà de la mobilité, les étudiants pointent du doigt une gestion défaillante des services de base. Les critiques portent particulièrement sur la politique de logement, les étudiants dénonçant le retrait de cités universitaires au profit de personnes extérieures au milieu académique. À ces difficultés s'ajoutent des carences persistantes en matière de restauration, alimentant un sentiment d'abandon chez les jeunes qui réclament des conditions de vie dignes pour mener à bien leur cursus.
Une réponse gouvernementale jugée insuffisante
Face à cette fronde, le ministère de l'Enseignement supérieur avait tenté d'apaiser la situation en fin de semaine dernière en proposant une révision à la baisse des tarifs de transport. Une mesure jugée largement insuffisante par les coordinations étudiantes, qui maintiennent leurs revendications. La dispersion rapide du rassemblement par la police, marquée par l'usage de grenades lacrymogènes, a cristallisé la colère des manifestants. Ces derniers affirment leur détermination à poursuivre le mouvement, exigeant non seulement des solutions concrètes sur le plan social, mais aussi le retrait des forces de sécurité de l'enceinte universitaire, qu'ils considèrent comme un espace dédié au savoir et à l'expression pacifique.