La grève des transporteurs en Moyenne Guinée révèle une crise profonde des relations avec les forces de sécurité

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 81 lectures
La grève des transporteurs en Moyenne Guinée révèle une crise profonde des relations avec les forces de sécurité

Un mouvement de grève spontané a paralysé le secteur du transport dans plusieurs villes de la Moyenne Guinée, notamment à Labé, Pita et Mamou. Les conducteurs, dénonçant des pratiques d'extorsion systématique de la part des agents de sécurité, ont décidé de suspendre leurs activités, provoquant une désorganisation immédiate des déplacements dans la région.

Des accusations de racket au cœur du conflit

Le débrayage des transporteurs fait suite à une accumulation de griefs contre les forces de sécurité routière. Selon les syndicats et conducteurs locaux, les nombreux barrages installés sur les axes routiers servent de points de prélèvement illégaux. Ces tracasseries, jugées insupportables dans un contexte économique national déjà tendu, ont conduit à des mesures coercitives de la part des autorités, incluant l'arraisonnement de véhicules et le dégonflage de pneus pour les conducteurs refusant de se soumettre aux contrôles.

La médiation du gouvernorat face à l'urgence

Face à l'arrêt soudain des activités, le gouvernorat de Labé a convoqué les représentants des transporteurs pour tenter d'ouvrir un dialogue. Siné Magassouba, directeur de cabinet du gouvernorat, a souligné le caractère préjudiciable de cette grève menée sans préavis. Si la première rencontre n'a pas permis de résoudre immédiatement les revendications de fond, elle a marqué une étape nécessaire pour éviter une escalade de la paralysie régionale.

Vers une reprise sous condition

Bien que les autorités aient appelé à une plus grande responsabilité et au respect des procédures de dialogue social, la reprise du trafic annoncée ce jeudi reste fragile. Le directeur de cabinet a indiqué que le gouverneur allait solliciter les hautes autorités nationales pour traiter la question des tracasseries routières. Si le retour des véhicules dans les gares routières marque une détente apparente, la pérennité de cette accalmie dépendra de la capacité de l'État à répondre aux accusations d'extorsion qui pèsent sur les agents de sécurité, un enjeu majeur pour la fluidité économique et la paix sociale dans la région.

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