Le secteur de la santé dans la province du Kasaï est paralysé depuis le 15 octobre par une grève générale des agents et cadres. Ce mouvement social, qui exige le règlement d'importants arriérés de rémunération, survient alors que la région fait face à une propagation préoccupante du virus monkeypox.
Des revendications salariales persistantes
Le personnel soignant dénonce une situation financière critique, marquée par huit mois d'arriérés de salaires et de primes ordinaires, auxquels s'ajoutent douze mois de primes complémentaires impayées. Au-delà des retards de paiement, les grévistes pointent du doigt des dysfonctionnements administratifs majeurs. Plus de 800 agents, dont le paiement transite par la Sofibanque, rencontrent des difficultés récurrentes pour percevoir leurs revenus, une situation aggravée par l'absence d'agence permanente de cet établissement bancaire dans la province. Les syndicats exigent désormais leur rattachement à une banque locale plus accessible.
Statut et mécanisation des nouvelles unités
Le cahier de doléances ne se limite pas aux arriérés. Les professionnels de santé réclament la mécanisation urgente des agents travaillant actuellement sans aucune rémunération, ainsi que l'alignement de l'ensemble du personnel sur la prime de risque. La mise sous statut des nouvelles unités est également posée comme une condition sine qua non à la reprise du travail. Les grévistes ont affirmé que la cessation d'activité se poursuivrait tant que ces exigences structurelles ne seraient pas intégralement satisfaites par le gouvernement.
Une riposte sanitaire sous tension
Cette mobilisation intervient dans un contexte épidémiologique tendu. À la fin du mois de septembre, les autorités sanitaires locales faisaient état de plus d'un millier de cas de monkeypox recensés dans la province, avec un bilan s'élevant à une vingtaine de décès. L'arrêt des services de santé fait craindre une interruption critique de la prise en charge des patients infectés. La suspension des activités médicales risque de compromettre les efforts de surveillance et de riposte déployés dans les zones de santé touchées, rendant la situation sanitaire particulièrement vulnérable face à l'évolution de l'épidémie.