L'Autorité portuaire du Ghana (GPHA) a formellement réfuté l'argument de la Chambre des fabricants de ciment (COCMAG), qui justifiait une hausse de 12 GH₵ du prix du sac de ciment par la congestion du port de Tema. L'institution souligne que la structure des coûts du clinker et du ciment dépend d'une multitude de facteurs opérationnels et commerciaux dépassant le simple temps d'attente à quai.
Des impératifs de sécurité et d'hygiène
La GPHA rappelle que la gestion des terminaux portuaires impose une séparation stricte des flux de marchandises pour des raisons sanitaires et environnementales. Le traitement du ciment et du clinker ne peut être mélangé avec celui des denrées alimentaires, comme le riz ou le blé. En conséquence, les postes à quai 3, 12, 13 et 14 ont été désignés comme des zones communes partagées entre plusieurs importateurs, empêchant toute exclusivité qui pourrait pourtant simplifier la logistique de certains acteurs.
Modernisation et économies d'échelle
L'autorité portuaire met en avant les récents investissements réalisés pour accroître la capacité d'accueil du port. Grâce à des travaux de dragage, les postes 13 et 14 atteignent désormais des profondeurs respectives de 14 et 12 mètres, permettant l'accostage de navires de plus grand tonnage. Selon la GPHA, cette montée en gamme offre aux cimentiers l'opportunité de réaliser des économies d'échelle significatives, susceptibles de réduire leurs coûts logistiques unitaires, à condition d'une meilleure planification des arrivées.
La responsabilité partagée de la chaîne logistique
Au-delà des infrastructures, la GPHA pointe du doigt l'efficacité de l'évacuation des marchandises. Le ralentissement des opérations de déchargement est souvent lié à une capacité de transport routier insuffisante pour acheminer les cargaisons vers les usines. Lorsqu'un navire de 40 000 tonnes de clinker est immobilisé pendant trois à quatre semaines faute de camions disponibles, cela crée une pression artificielle sur la disponibilité des quais. L'autorité invite donc les industriels à diversifier leurs options logistiques, notamment en utilisant le port de Takoradi, et à investir dans des systèmes de manutention modernes pour remplacer les méthodes traditionnelles, jugées obsolètes.
Vers une transition technologique
Dans une perspective d'amélioration de la compétitivité, la GPHA engage les entreprises du secteur à adopter de nouvelles technologies de manutention. L'abandon progressif des systèmes à bennes et trémies au profit de solutions automatisées est présenté comme une étape indispensable pour optimiser les temps de rotation des navires. Pour l'autorité, la maîtrise des prix finaux repose sur une collaboration étroite entre les acteurs de la chaîne d'approvisionnement, allant de la planification des navires à la capacité de transport terrestre.