La gestion de la ville de Thiès est le théâtre d'une fracture politique croissante entre deux figures issues de la coalition Yewwi Askan Wi : Me Ousmane Diagne, maire de Thiès-Est, et le Dr Babacar Diop, maire de la ville. Ce conflit, qui dépasse le cadre des relations personnelles, met en lumière des divergences profondes sur la conduite des projets d'infrastructures et la communication entre les différentes strates de la gouvernance locale.
Désaccords sur les projets routiers
La tension a franchi un nouveau cap lors de l'annonce du lancement des travaux de réfection de l'axe reliant le quartier Cité Senghor à Silmang. Si Me Ousmane Diagne reconnaît l'urgence de cette réhabilitation pour les usagers, il dénonce une absence de concertation préalable entre les collectivités territoriales. Pour l'édile de Thiès-Est, cette démarche unilatérale de la ville de Thiès illustre un déficit de communication institutionnelle préjudiciable à l'efficacité de l'action publique locale.
Transparence financière et héritage
Au-delà de la méthode, Me Ousmane Diagne soulève des interrogations sur la gestion des ressources financières dédiées aux infrastructures. En faisant référence au mandat de l'ancien maire Talla Sylla, il appelle à une plus grande transparence sur l'utilisation des fonds publics. Cette exigence de redevabilité s'inscrit dans une volonté de clarifier les priorités budgétaires de la ville, alors que les besoins en matière d'équipements publics, tels que les salles de classe et les postes de santé, demeurent prégnants.
Divergences sur la politique nationale
Le différend s'étend également à la lecture des relations avec le pouvoir central. Alors que le Dr Babacar Diop a publiquement critiqué le bilan du président Bassirou Diomaye Faye à l'égard de Thiès, Me Ousmane Diagne juge ces propos infondés. Il rappelle le rôle actif des communes dans le développement social et sportif de la cité, tout en soulignant l'importance symbolique et politique de Thiès dans le calendrier national. Cette opposition de vues sur l'action gouvernementale fragilise davantage la collaboration nécessaire entre les deux élus pour le développement de la zone.
Un appel à la coopération territoriale
Face à cette situation, Me Ousmane Diagne plaide pour un climat de travail apaisé, affirmant que les intérêts des populations doivent primer sur les querelles partisanes. Il insiste sur la nécessité d'une synergie entre la commune de Thiès-Est et la ville de Thiès, notamment pour la gestion des infrastructures sportives et la fourniture de services de base. L'enjeu pour les deux maires reste désormais de transformer cette confrontation en un dialogue constructif, sous peine de paralyser des projets essentiels pour les citoyens de la localité.