La State Interests and Governance Authority (SIGA) du Ghana exprime une vive inquiétude face à la persistance de lacunes structurelles dans la gestion des entités publiques. Malgré des avancées dans la transparence financière, le non-respect des contrats de performance et des obligations de reporting menace la stabilité et la responsabilité de ces institutions.
Un bilan contrasté sur la conformité administrative
Le directeur général de la SIGA, le professeur Michael Kpessa-Whyte, a souligné un déficit préoccupant de rigueur au sein du portefeuille étatique. Pour l'année 2025, moins de la moitié des 148 entités ciblées, soit seulement 72, ont formalisé leurs contrats de performance. Cette tendance à l'évitement se confirme dans le suivi opérationnel : seuls 71 organismes ont transmis leurs rapports trimestriels dans les délais impartis. Plus critique encore, la tenue des assemblées générales annuelles, pilier de la reddition de comptes, reste largement négligée avec seulement 37 entités sur 177 ayant rempli cette obligation.
La transparence financière en progrès
Malgré ces défaillances, un indicateur clé affiche une progression significative : la soumission des comptes audités. Le nombre d'entreprises ayant transmis leurs états financiers certifiés a bondi, passant de 53 en 2024 à 108 en 2025. Pour la SIGA, cette amélioration est cruciale, car elle permet une lecture plus précise de la santé financière réelle du secteur public. Toutefois, le professeur Kpessa-Whyte insiste sur le fait que cette avancée ne saurait occulter les manquements persistants dans les autres domaines de gouvernance, la conformité partielle étant jugée insuffisante pour garantir une gestion saine.
Risques pour les finances publiques et dividendes
L'absence de contrats de performance et de rapports réguliers entrave la capacité de l'État à anticiper les risques financiers et à engager des mesures correctives. Cette opacité expose le Trésor public à des passifs éventuels et fragilise la confiance des citoyens envers les entreprises d'État. Par ailleurs, la contribution directe de ces entités au budget national reste marginale : au titre de l'exercice 2024, seules deux structures, la Ghana Reinsurance Company et la National Development Company, ont versé des dividendes à l'État, totalisant 16 millions de GH¢ sur un ensemble de 53 entreprises publiques. Ce faible rendement souligne l'urgence d'une réforme profonde de la gouvernance pour transformer ces entités en leviers de croissance économique efficaces.