La gouvernance des entreprises publiques ghanéennes nécessite une réforme de ses méthodes de reporting financier

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 31 lectures
La gouvernance des entreprises publiques ghanéennes nécessite une réforme de ses méthodes de reporting financier

Pour améliorer la transparence et la pertinence des évaluations des entreprises d'État au Ghana, une distinction nette entre les entités commerciales et les organismes de service public est indispensable. Cette recommandation, portée par l'avocat et associé chez Deloitte, Yaw Appiah Lartey, vise à corriger les distorsions analytiques induites par une consolidation comptable inappropriée.

Une segmentation nécessaire pour une évaluation juste

Actuellement, la State Interests and Governance Authority (SIGA) agrège des entités aux mandats radicalement différents dans ses rapports de performance. Selon Yaw Appiah Lartey, environ 90 % des structures supervisées exercent des activités commerciales, tandis que les 10 % restants sont dédiés au service public. En mélangeant ces deux catégories, les indicateurs de rentabilité deviennent trompeurs. L'expert cite le cas du Ghana Education Trust Fund (GETFund), dont les revenus proviennent quasi exclusivement de dotations parlementaires. Évaluer une telle structure sur les mêmes critères de profitabilité qu'une entreprise commerciale fausse la lecture globale de la santé financière du secteur public.

Vers une méthodologie de reporting différenciée

La proposition centrale consiste à instaurer deux catégories de reporting distinctes. D'un côté, les organisations à but lucratif seraient évaluées sur leur performance opérationnelle et leur rentabilité. De l'autre, les institutions de service public feraient l'objet d'un suivi axé sur l'accomplissement de leurs missions sociales et structurelles. Cette approche permettrait, selon l'expert, de ne consolider que les entités opérant dans des environnements et des secteurs comparables, garantissant ainsi une analyse plus cohérente pour les décideurs.

Au-delà de la simple soumission des comptes

Si le plaidoyer pour une meilleure classification est au cœur du débat, Yaw Appiah Lartey salue toutefois les progrès accomplis par la SIGA en matière de conformité. Le nombre d'entités ayant soumis des états financiers audités a doublé, passant de 53 à 108 lors de la dernière période. Néanmoins, il souligne qu'une reddition de comptes complète ne se limite pas au dépôt de documents financiers. Pour répondre aux exigences strictes de bonne gouvernance, ces entités doivent impérativement valider leurs comptes lors d'assemblées générales annuelles (AGA). Le respect de ce processus démocratique et administratif est, selon lui, la condition sine qua non pour transformer une simple obligation de reporting en un véritable levier de performance publique.

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