L'annonce d'une contribution de 500 millions de francs CFA par la Fondation Nationale Sénégal Solidaire en faveur des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026 suscite un débat sur la gouvernance de l'institution. Cette polémique interroge directement la légitimité des Premières dames à engager les ressources de cette structure au regard de ses statuts officiels.
Une structure juridique sous l'égide de la présidence
L'examen des statuts de la Fondation Nationale Sénégal Solidaire révèle une architecture institutionnelle distincte de l'image publique qui lui est associée. Selon le Dr Ismaïla Diallo, troisième vice-président de l'Assemblée nationale, la structure n'est pas juridiquement définie comme une « fondation des Premières dames ». Les documents officiels identifient le président Bassirou Diomaye Faye comme le fondateur ayant constitué la dotation initiale. La direction du Conseil de fondation est, quant à elle, assurée par Mor Sarr, un proche du chef de l'État agissant par procuration du fondateur.
Le flou sur les pouvoirs décisionnels
La controverse porte sur la capacité de la Première dame, Marie Khone Faye, à ordonner ou engager des décaissements au nom de la fondation. Le Dr Ismaïla Diallo pointe une incohérence juridique majeure : alors que l'initiative de la contribution de 500 millions de francs CFA est attribuée à l'épouse du chef de l'État, les statuts ne lui confèrent aucun pouvoir de gestion directe ou de signature sur les fonds. Cette situation soulève des interrogations sur la transparence et le respect des procédures internes de la fondation lors de l'annonce de ce soutien financier.
Enjeux autour des JOJ Dakar 2026
Au-delà de la question de gouvernance, cette contribution s'inscrit dans le cadre des préparatifs des JOJ Dakar 2026. L'engagement financier de la fondation est destiné à accompagner cet événement sportif majeur, qui prévoit également la distribution de 200 000 tickets aux enfants des quartiers et aux associations locales. La polémique actuelle met en lumière la nécessité d'une clarification sur le rôle des institutions privées ou parapubliques dans le financement de projets d'envergure nationale, afin d'éviter toute confusion entre les initiatives personnelles et les engagements officiels de l'État.