Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a présenté ses excuses au Conseil de l'instance dirigeante du football mondial après la polémique suscitée par son projet secret de cession de droits commerciaux. Malgré ce mea culpa, plusieurs membres influents, dont la vice-présidente Debbie Hewitt, estiment que le maintien de M. Infantino à son poste est conditionné à une transparence totale sur ce dossier.
Un projet controversé abandonné dans l'urgence
Au cœur des tensions se trouve le projet baptisé « Fifa Forward Enterprise » (FFE). Ce plan, qui prévoyait de confier une partie des droits commerciaux de la FIFA à une société d'investissement privée, a été annulé par Gianni Infantino quelques jours seulement après sa révélation. Lors d'une réunion de trois heures et demie tenue à Zurich, le président a reconnu avoir manqué de concertation avec le Conseil, justifiant ainsi ses excuses. Toutefois, cette démarche est jugée insuffisante par une partie des instances dirigeantes qui réclament désormais l'accès à l'intégralité des documents liés à cette initiative avortée.
La remise en cause de la légitimité présidentielle
Debbie Hewitt, présidente de la Fédération anglaise de football et vice-présidente de la FIFA, a exprimé une position ferme à l'issue de la rencontre. Elle a souligné que l'absence de réponses précises aux questions posées par les membres du Conseil fragilise la crédibilité du président. Selon elle, si M. Infantino ne fournit pas les documents demandés et ne clarifie pas les zones d'ombre entourant le projet FFE, il ne peut être considéré comme apte à diriger l'organisation. Cette exigence de reddition de comptes marque une rupture dans la gestion habituelle des affaires internes de la FIFA.
Une pression juridique et institutionnelle persistante
La situation est d'autant plus complexe que l'UEFA, l'instance dirigeante du football européen, maintient une posture critique et offensive. L'organisation européenne a d'ores et déjà préparé des procédures judiciaires et déposé des requêtes auprès de trois tribunaux américains afin d'obtenir la divulgation forcée des documents relatifs au projet FFE. Bien que Debbie Hewitt ait noté une certaine contrition de la part de Gianni Infantino, elle a précisé que la position de l'UEFA et des membres exigeants sur la gouvernance n'avait pas évolué. La suite des événements dépendra désormais de la capacité du président à répondre par écrit aux interrogations restées en suspens lors de cette session du Conseil.