La présidence de Gianni Infantino à la tête de la FIFA traverse une zone de turbulences marquée par une érosion de sa base de soutien. Entre le retrait public de cadres dirigeants et une remise en question de la cohésion au sein de la Confédération africaine de football (CAF), l'autorité du dirigeant est plus que jamais scrutée.
Une contestation au sommet de la hiérarchie
La fronde interne a franchi une étape symbolique avec le retrait du soutien de Sandor Csanyi, l'un des huit vice-présidents de l'instance mondiale. Le dirigeant hongrois a justifié sa position par une dérive politique des décisions prises par la présidence, citant notamment le limogeage de Kevin Lamour, ancien directeur général des opérations. Ce départ, survenu après des critiques émises par ce dernier à l'encontre d'Infantino, cristallise une crise de confiance qui dépasse désormais le cadre strictement sportif.
La réalité du soutien africain
Si la CAF a officiellement communiqué sur un appui unanime des fédérations africaines envers Gianni Infantino, la réalité du terrain semble plus contrastée. Sur les 54 associations membres du continent, seuls quatre présidents de fédérations — Fouzi Lekjaa (Maroc), Ahmed Yahya (Mauritanie), Souleiman Waberi (Djibouti) et Idriss Diallo (Côte d’Ivoire) — ont publiquement réitéré leur soutien aux côtés de Patrice Motsepe. Une large majorité de responsables nationaux a choisi de s'abstenir de tout commentaire, soulignant une fracture entre la ligne officielle de la confédération et les positions individuelles des instances nationales.
Des enjeux stratégiques et financiers
La fragilisation de la position d'Infantino est également corrélée à ses orientations stratégiques, notamment son projet controversé de vente partielle des parts de la FIFA dans la Coupe du monde. Cette initiative a provoqué une polarisation au sein des confédérations continentales, trois d'entre elles affichant désormais une opposition ouverte à son maintien. À cette contestation s'ajoute la pression d'acteurs externes, comme la Fédération israélienne de football, qui a officiellement appelé à la démission du président, dénonçant une crise de gouvernance sans précédent au sein de l'organisation.