La direction actuelle de la Ghana Publishing Company Limited (GPCL) a engagé une confrontation publique avec son prédécesseur, David Asante Boateng, concernant la santé financière de l'entreprise d'État. Ce débat, qui porte sur la gestion des fonds publics et les obligations fiscales, met en lumière des divergences majeures sur l'héritage laissé à la tête de cette institution stratégique.
Un passif fiscal sous haute tension
Au cœur du différend figure une demande de recouvrement de la Ghana Revenue Authority (GRA) portant sur environ 22 millions de GH¢ au titre de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). L'actuel directeur général conteste la gestion de la période 2020-2024, interrogeant directement son prédécesseur sur l'absence de versement de ces taxes durant son mandat. Cette dette représente un défi financier significatif pour l'entreprise, qui cherche désormais à clarifier les responsabilités liées à cette période de gestion.
Bilan opérationnel et indicateurs financiers
Face aux critiques de M. Boateng, qui revendique avoir transformé la GPCL en une institution rentable, l'actuelle direction a présenté un bilan chiffré des 18 derniers mois. Les états financiers audités de 2025 font état d'un bénéfice après impôt de 16,9 millions de GH¢, contre 2,4 millions de GH¢ en 2024. Cette progression s'accompagne d'une série d'investissements, notamment l'acquisition d'un centre d'impression numérique, une revalorisation salariale de 40 % en 2025 et l'installation d'un groupe électrogène de 550 kVA pour sécuriser la production.
Questions sur la transition de février 2025
La direction actuelle a également soulevé des interrogations précises sur l'état de la trésorerie au moment de la passation de pouvoir en février 2025. Elle demande des éclaircissements sur le solde bancaire de l'époque, estimé à environ 400 000 GH¢, et sur le recours systématique à des découverts bancaires pour assurer le paiement des salaires. Ces questions visent à établir une transparence totale sur la situation réelle dont a hérité l'administration actuelle.
Réformes structurelles engagées
Au-delà de la polémique, la direction met en avant des réformes structurelles visant à pérenniser l'activité. Parmi elles, l'implémentation d'un système de travail en trois équipes pour soutenir l'agenda gouvernemental d'une économie opérationnelle 24h/24, ainsi que la création de départements dédiés au contrôle qualité, au juridique et au marketing. L'objectif affiché est de moderniser les processus internes et de garantir une gestion plus rigoureuse des flux financiers, notamment par la centralisation des paiements via des arrangements bancaires directs.