Face aux interrogations sur son modèle économique, la Ghana Gold Board (GoldBod) affirme la conformité légale de ses sources de financement. L'institution, pilier de la régulation aurifère au Ghana, a vu ses recettes non fiscales bondir de 307,7 millions de cedis en 2024 à 970,7 millions en 2025.
Un cadre juridique structurant les flux financiers
Le directeur général de GoldBod, Sammy Gyamfi, souligne que les fonds de l'institution reposent sur un cadre législatif précis. Ces ressources proviennent d'allocations parlementaires, d'emprunts sur les marchés financiers et, surtout, de la facturation de services réglementaires. Ce modèle vise à assurer l'autonomie financière de l'organisme tout en encadrant strictement les acteurs du secteur aurifère.
La tarification des services de contrôle et de licence
Le cœur de l'activité génératrice de revenus repose sur la délivrance de licences et les opérations de contrôle technique. Pour obtenir une licence d'agrégateur, les opérateurs doivent s'acquitter de frais d'application de 100 000 dollars, suivis de droits de licence équivalant à 500 000 dollars en cedis. Cette tarification s'étend également aux raffineries, aux bijoutiers et aux fabricants, créant un maillage financier qui couvre l'ensemble de la chaîne de valeur de l'or.
L'implication des grandes compagnies minières
Les entreprises minières à grande échelle constituent un segment clé pour les recettes de GoldBod. Avant toute exportation, ces sociétés sont légalement tenues de soumettre leur production à l'institution pour des tests d'analyse (assaying). Chaque échantillon analysé est facturé 90 dollars. Par ailleurs, des inspections de terrain sont régulièrement menées pour surveiller les processus de fusion et prévenir toute sous-déclaration de la pureté ou des quantités d'or, chaque visite étant facturée 840 dollars.
Une application uniforme des redevances
Sammy Gyamfi insiste sur le caractère universel de ces prélèvements. Qu'il s'agisse d'entités étatiques comme la Banque du Ghana et le ministère des Finances, ou d'exportateurs privés et d'acteurs de l'exploitation minière artisanale, les frais d'analyse approuvés par le Parlement s'appliquent sans distinction. Cette rigueur dans la collecte des redevances explique la progression marquée des revenus non fiscaux de l'institution sur la période 2024-2025.