La présidente de la Ghana Bar Association (GBA), Efua Ghartey, a publiquement exprimé le désaccord de l'organisation face aux récentes déclarations du juge en chef, Paul Baffoe-Bonnie, au sujet des entreprises d'État. Cette prise de position souligne une tension croissante entre le barreau et la haute magistrature, soulevant des questions essentielles sur la réserve et les limites constitutionnelles imposées aux titulaires de charges publiques.
Une mise en cause de la neutralité judiciaire
La GBA a réagi avec fermeté aux propos tenus par le juge en chef, estimant que ces derniers ont suscité un malaise profond au sein de la profession juridique. Efua Ghartey a souligné que, bien que l'association souhaite éviter toute interprétation hâtive des intentions réelles du magistrat, la teneur de ses paroles contrevient aux attentes de neutralité liées à sa fonction. En citant une référence biblique sur la sincérité des intentions, la présidente de la GBA a laissé entendre que ces déclarations pourraient refléter une posture inappropriée pour un garant de l'institution judiciaire.
Critique de la communication du Service judiciaire
Outre le fond des propos, la présidente de la GBA a vivement critiqué la réaction officielle du Service judiciaire. Selon elle, la défense formulée par le secrétaire judiciaire pour justifier les paroles du juge en chef a été jugée « médiocre » et incapable d'apaiser les préoccupations légitimes des avocats. Pour la GBA, cette tentative d'explication a manqué de substance, échouant à répondre aux enjeux de fond soulevés par la sortie médiatique du magistrat.
Le rappel des limites constitutionnelles
Malgré ces critiques, Efua Ghartey a tenu à réaffirmer l'attachement indéfectible de la GBA à l'indépendance de la magistrature, telle que protégée par l'article 128(4) de la Constitution de 1992. Elle a toutefois précisé que cette indépendance ne constitue pas un blanc-seing pour les titulaires de charges publiques. Selon la présidente, la protection de l'institution judiciaire doit impérativement s'accompagner d'un respect strict des limites imposées par la Constitution. La GBA rappelle ainsi que l'indépendance du pouvoir judiciaire ne dispense aucunement ses membres de l'obligation de rendre des comptes et de se conformer aux exigences de retenue inhérentes à leurs fonctions constitutionnelles.