Les récentes déclarations d'El Malick Ndiaye, qualifiant le Sénégal de pays « en pause », ont déclenché une controverse politique majeure au sein de la classe dirigeante et de l'opposition. Ce débat, qui s'est cristallisé lors d'un déplacement en Italie, met en lumière des divergences profondes sur le bilan de l'exécutif et la légitimité des nominations aux postes de responsabilité.
Critiques sur la gouvernance et les nominations
Lors d'une rencontre avec la section Pastef en Italie, El Malick Ndiaye a formulé des réserves sur la trajectoire actuelle du pays. Il a notamment pointé du doigt certains choix de nominations administratives, s'interrogeant sur les qualifications académiques de certains directeurs nommés. Cette sortie a suscité une réplique immédiate de Bachir Fofana, qui, dans une chronique, a rappelé que l'histoire institutionnelle du Sénégal a déjà été marquée par des parcours diversifiés, réfutant ainsi l'idée que le niveau de diplôme soit le seul critère de compétence pour les fonctions ministérielles ou administratives.
Le bilan de l'ère Sonko en question
Le débat s'est également déplacé sur le terrain du bilan économique. Ndiaye a valorisé la période durant laquelle Ousmane Sonko occupait le poste de Premier ministre, soulignant une maîtrise des prix et une meilleure dotation des directions. En réponse, des voix critiques, dont celle de Bachir Fofana, ont rappelé des dossiers complexes ayant marqué cette période, citant notamment l'affaire Kosmos, les fonds de l'ASER et des questions liées aux indemnisations financières. Ces éléments illustrent la persistance de points de friction sur la gestion des deniers publics.
Tensions autour de la légitimité politique
La polémique a pris une dimension institutionnelle avec l'intervention d'Aldiouma Sow. Ce dernier a vivement réagi aux propos tenus depuis l'étranger, qualifiant le départ d'Ousmane Sonko du perchoir d'« abandon de poste constitutionnel par frilosité ». Pour Sow, ces déclarations sur une « pause » du pays sont irrecevables et disqualifient Ndiaye dans son rôle. Ce climat de confrontation, qui dépasse le cadre des simples échanges partisans, souligne la polarisation croissante à l'approche des échéances électorales de 2029, où la diaspora joue un rôle de plus en plus central dans le discours politique national.