La gestion des ressources financières allouées au développement de la région de la Casamance cristallise les tensions politiques à Bignona. Des responsables du parti Kiiraay ont publiquement mis en cause le Premier ministre Ousmane Sonko, l'accusant d'un usage opaque de fonds publics initialement destinés à la stabilité et à l'essor économique de cette zone.
Des accusations sur l'usage des fonds politiques
Lors d'une assemblée générale tenue à Bignona, Lamine Badji, coordinateur communal de Kiiraay, a vivement critiqué la gestion des ressources par le parti Pastef. Au centre des griefs figure l'utilisation d'une enveloppe de 1,7 milliard de francs CFA, initialement prévue par décret pour soutenir le processus de paix en Casamance. Aminata Touré, coordinatrice de Kiiraay, conteste la version officielle présentée par Ousmane Sonko, dénonçant un détournement d'objectif manifeste. Ces déclarations interviennent dans un climat de défiance où l'opposition locale exige désormais une reddition de comptes rigoureuse sur l'emploi des deniers publics.
Le contraste avec les investissements privés
Au-delà de la controverse comptable, les responsables de Kiiraay ont instauré une comparaison symbolique avec les initiatives privées menées dans la région. Lamine Badji a notamment opposé la gestion actuelle aux investissements réalisés par l'international sénégalais Sadio Mané. Selon lui, l'action publique menée par les autorités en place à Bignona, après leurs succès électoraux de 2022 et 2024, ne répondrait pas aux attentes de développement local, créant un décalage perçu comme préjudiciable par les populations.
Stratégie d'implantation et tensions locales
Parallèlement à cette offensive politique, le parti Kiiraay intensifie son maillage territorial dans la commune de Bignona. Les responsables locaux ont annoncé le déploiement progressif de cellules de proximité dans les différents quartiers pour renforcer leur présence sur le terrain. Cette dynamique d'implantation s'accompagne d'une volonté de défendre ses cadres, Ibrahima Faye, coordinateur adjoint, ayant notamment dénoncé ce qu'il qualifie d'attaques infondées contre Yankhoba Diémé. Cette montée en puissance de Kiiraay dans le fief casamançais souligne une volonté de structurer une opposition locale capable de contester durablement l'hégémonie de Pastef sur la gestion des affaires régionales.