Un projet de convention d'assistance juridique entre la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) et le cabinet de Me Ciré Clédor Ly cristallise les débats sur la gestion des deniers publics. Ce contrat, évalué à 32 millions de FCFA sur deux ans, interroge sur la nécessité de multiplier les prestataires externes au sein d'une institution qui dispose déjà de plusieurs partenaires juridiques.
Une multiplication des contrats sous surveillance
La CDC entretient actuellement des relations contractuelles avec plusieurs structures, notamment la SCP Kébé & Cissé et le cabinet Houda & Associés. L'ajout d'un nouveau prestataire, le cabinet de Me Ciré Clédor Ly, pour un montant de 16 millions de FCFA TTC par an, soulève des préoccupations quant à la rationalisation des coûts. En interne, des réserves ont été exprimées concernant un possible chevauchement des missions entre ces différents cabinets, dont les périmètres d'intervention — qu'il s'agisse de contentieux, de conseil en droit des affaires ou de représentation juridique — ne sont pas clairement distingués par l'institution.
Le timing d'une décision contestée
La controverse est amplifiée par le contexte politique entourant cette signature. Le projet de convention a été mis en lumière peu après le décret du 10 septembre actant le départ de Fadilou Keïta de la direction générale de la CDC. Cette concomitance des faits alimente les spéculations sur les motivations réelles derrière ces engagements financiers. Les observateurs s'interrogent sur la conformité de ces choix avec les impératifs de bonne gouvernance et de gestion rigoureuse des ressources d'une entreprise publique.
L'enjeu de la transparence dans les marchés publics
Au-delà du montant global de 32 millions de FCFA, c'est la stratégie d'externalisation juridique de la CDC qui est scrutée. La question de l'utilité réelle de ces prestations cumulées reste posée, alors que l'institution pourrait théoriquement optimiser ses ressources internes ou mieux définir les missions de ses partenaires actuels. L'absence de clarté sur la répartition des dossiers entre les cabinets alimente les soupçons de favoritisme, dans un climat où la gestion des entreprises étatiques est devenue un sujet central de vigilance citoyenne.