Une escalade de violences oppose désormais les communautés riveraines de la réserve naturelle de Sarambwe, en territoire de Rutshuru, et celles du parc national impénétrable de Bwindi, en Ouganda. Ce regain de tension, marqué par l'agression récente de pisteurs congolais par des écogardes ougandais, met en lumière les failles dans la gestion concertée des aires protégées transfrontalières.
L'origine du différend pastoral
Le conflit trouve sa source en avril dernier, lorsqu'une trentaine de chèvres, appartenant présumément à des éleveurs ougandais, ont été interceptées par des pisteurs congolais à l'intérieur de la réserve de Sarambwe. Les animaux ont été saisis et conduits vers un poste de surveillance local. Depuis lors, le sort de ce bétail demeure une zone d'ombre, les gestionnaires de la réserve congolaise n'ayant fourni aucune information officielle aux propriétaires ougandais, alimentant ainsi un ressentiment croissant de part et d'autre de la frontière.
Le silence des autorités de gestion
L'absence de communication transparente de la part des responsables de la réserve de Sarambwe est pointée du doigt par les acteurs de la société civile locale. Muhindo Kibunga Elias, activiste environnemental à Rutshuru, souligne que ce mutisme institutionnel entrave toute résolution pacifique du litige. Ce manque de clarté transforme un incident de gestion courante en une crise sécuritaire, les communautés locales se retrouvant en première ligne face à des agressions physiques répétées.
Vers une médiation transfrontalière
Face au risque d'embrasement, des appels à une intervention diplomatique et technique se multiplient. Les acteurs locaux exhortent l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et l'Uganda Wildlife Authority à engager un dialogue formel pour clarifier la situation et apaiser les esprits. La Collaboration transfrontalière du Grand Virunga (GVTC) est identifiée comme l'instance la plus appropriée pour arbitrer ce différend. Une médiation rapide est jugée indispensable pour éviter que ces tensions ne compromettent durablement la coopération nécessaire à la protection de ces écosystèmes partagés.