La gestion défaillante du foncier dans les projets d'infrastructure aggrave la précarité des populations locales

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 28 lectures
La gestion défaillante du foncier dans les projets d'infrastructure aggrave la précarité des populations locales

La multiplication des projets d'infrastructure en Afrique se heurte trop souvent à une gestion lacunaire de l'acquisition des terres et de la réinstallation des populations. Selon la professeure Helen Michelle Korkor Essandoh, directrice du centre TRECK à la KNUST, ces manquements ne constituent pas seulement une entrave sociale, mais compromettent durablement la rentabilité et l'acceptabilité des investissements publics.

L'impact destructeur sur les tissus socio-économiques

L'acquisition foncière pour des projets de développement ne se limite pas à une simple transaction immobilière. Pour les communautés locales, la terre est le socle d'un écosystème complexe incluant des réseaux sociaux, des activités agricoles et des moyens de subsistance. Lorsque les processus de déplacement sont mal orchestrés, les populations perdent bien plus qu'un toit : elles voient leur autonomie économique s'effondrer. Cette précarisation forcée transforme des projets destinés à améliorer le cadre de vie en vecteurs d'appauvrissement, réduisant ainsi les bénéfices collectifs escomptés par les autorités.

Les risques liés à l'expansion infrastructurelle

Dans de nombreux pays en développement, la pression pour moderniser les réseaux routiers, hydrauliques et les infrastructures publiques conduit inévitablement à empiéter sur des zones habitées. La professeure Essandoh souligne que la négligence des risques environnementaux et sociaux lors de ces phases de planification génère des tensions majeures. Lorsque les populations se sentent lésées, les contestations qui en découlent freinent la mise en œuvre des projets et altèrent leur efficacité sur le long terme.

Renforcer les compétences pour une gestion durable

Face à ce constat, une formation spécialisée sur la gestion des risques environnementaux et sociaux a été organisée par le centre TRECK, en partenariat avec le GIMPA et le soutien de la Banque mondiale. Ce programme a permis d'outiller des professionnels sur des modules cruciaux tels que les cadres juridiques, les plans de réinstallation, les mécanismes de compensation et la restauration des moyens de subsistance. L'objectif est de doter les décideurs d'outils concrets pour transformer les processus d'acquisition foncière en démarches inclusives, garantissant que le développement des infrastructures ne se fasse pas au détriment de la stabilité des citoyens.

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