La couverture médiatique des déplacements officiels du président camerounais Paul Biya par la chaîne publique Crtv fait l'objet de vives critiques professionnelles. Le journaliste et producteur François Hiondi Nkam pointe du doigt une mise en scène télévisuelle jugée contre-productive, soulevant des enjeux majeurs sur la stratégie de communication de l'État.
Une réalisation technique sous le feu des critiques
Lors d'une intervention médiatique, François Hiondi Nkam a qualifié la « science de l'image » déployée par la Crtv de « risible » et « ridicule ». Selon le producteur, la chaîne nationale a manqué de rigueur dans ses choix de production lors de la récente arrivée du chef de l'État au Cameroun. Il souligne que la mise en scène d'un événement d'une telle importance institutionnelle exige une maîtrise technique et journalistique que la chaîne n'aurait pas su démontrer, transformant un acte protocolaire en une séquence visuelle sujette à la controverse.
La stratégie du « caché » et ses effets pervers
L'analyse porte spécifiquement sur les choix de cadrage et de montage opérés par les équipes de la Crtv. Pour le journaliste, la volonté manifeste de dissimuler certains aspects de la condition physique du président Paul Biya constitue une erreur stratégique majeure. En cherchant à masquer une éventuelle fragilité, la production audiovisuelle aurait, par ricochet, attiré l'attention sur l'état de santé du dirigeant, là où une approche plus naturelle aurait pu, selon lui, susciter davantage d'empathie de la part de l'opinion publique.
L'impact sur la perception de la gouvernance
Au-delà de la simple critique esthétique, cette polémique met en lumière un enjeu de confiance entre les institutions et les citoyens. En alimentant les supputations sur la capacité réelle du président à exercer ses fonctions, la communication de la chaîne publique produit un effet inverse à celui recherché. Cette gestion de l'image présidentielle souligne la difficulté pour les médias d'État de concilier les impératifs de la communication politique avec les exigences de transparence et de crédibilité attendues par le public, transformant chaque apparition télévisée en un sujet de débat sur la stabilité et la gouvernance du pays.