La gestion de l'ancien gouverneur de l'État de Kaduna, Nasiru El-Rufai, continue de susciter des remous au sein de la classe politique nigériane. Khamis Musa Darazo, cadre du Congrès des progressistes (APC) et proche du président Bola Ahmed Tinubu, a récemment pris position pour recadrer les débats entourant les critiques formulées par le ministre de la Défense, Christopher Musa.
Une remise en cause de la lecture confessionnelle
Au cœur de la controverse se trouvent les récentes déclarations du ministre de la Défense, interprétées par certains observateurs comme une attaque à caractère religieux ou régional contre l'ancien gouverneur. Khamis Musa Darazo rejette fermement cette lecture, qu'il qualifie de « déplacée ». Selon lui, réduire les critiques adressées à la gestion d'El-Rufai à un conflit entre communautés musulmanes et chrétiennes occulte la réalité des enjeux politiques et administratifs auxquels l'État a été confronté.
L'universalité des griefs à Kaduna
Pour le cadre de l'APC, l'impact des politiques menées sous l'administration précédente ne saurait être limité à une seule zone géographique, comme le sud de l'État de Kaduna. Il soutient que les difficultés de gouvernance ont été ressenties de manière transversale par l'ensemble des résidents. En insistant sur le fait que les préoccupations exprimées par le ministre concernent « les populations de Kaduna dans leur globalité », Darazo cherche à dépolitiser le débat pour le ramener sur le terrain de la responsabilité publique.
L'impératif de cohésion nationale
Dans un contexte où les tensions identitaires restent un sujet sensible au Nigeria, cette intervention souligne la volonté de certains alliés du président Tinubu de promouvoir une ligne de conduite axée sur l'unité. En rappelant que le président actuel et le gouverneur en exercice, Uba Sani, sont tous deux musulmans, Darazo tente de démontrer que la critique d'une gestion passée ne constitue pas une remise en cause de l'appartenance religieuse. L'enjeu, selon lui, demeure la capacité des dirigeants à instaurer une gouvernance capable de garantir la paix, la justice et la sécurité pour toutes les communautés, sans distinction d'origine ou de confession.