Face à la persistance des tracasseries routières, le commandement de la gendarmerie nationale du Burkina Faso a lancé une campagne de sensibilisation nationale pour assainir les pratiques des agents sur le terrain. Cette initiative vise à restaurer la probité au sein de l'institution et à consolider le lien de confiance indispensable entre les forces de sécurité et les citoyens.
Une tolérance zéro contre les dérives
Lors d'un déplacement à la Brigade territoriale de Mogtédo le 16 septembre 2026, le colonel Issa Yaguibou, chef d'État-Major de la gendarmerie nationale, a fermement condamné les pratiques de racket et de corruption. Le haut gradé a instauré une politique de tolérance zéro, avertissant que tout comportement ternissant l'image de l'institution ferait l'objet de sanctions. Il a exhorté ses troupes à privilégier l'intégrité et le patriotisme, tout en les invitant à une gestion rigoureuse de leurs ressources personnelles pour éviter la tentation du gain illicite.
Une mobilisation sur l'ensemble du territoire
La directive ne se limite pas à Mogtédo : elle a été déployée à travers les six légions et groupements de gendarmerie du pays. Les responsables locaux ont reçu pour mission de rappeler aux agents les règles fondamentales de courtoisie et d'équité. Les contrôles routiers doivent désormais être menés dans une transparence totale, excluant toute forme de discrimination ou d'arbitraire. Cette démarche collective cherche à transformer durablement les interactions quotidiennes entre les gendarmes et les usagers de la route.
L'intégrité comme pilier de la sécurité régionale
Cette campagne s'inscrit dans une dynamique plus large de moralisation des forces de sécurité. Dès le 15 septembre 2026, le ministre de la Sécurité, le commissaire divisionnaire de police Mahamadou Sana, avait déjà interpellé les agents sur la nécessité d'une conduite exemplaire, particulièrement dans les zones frontalières de l'Alliance des États du Sahel (AES). En insistant sur la probité comme valeur cardinale de tout citoyen de l'espace AES, les autorités cherchent à garantir que l'action sécuritaire soit perçue comme un service public irréprochable et protecteur pour les populations.