La commune de Dabia traverse une crise politique majeure suite au ralliement du maire, Yaya Abdoul Kane, au parti Kiiraay du président Bassirou Diomaye Faye. Ses quatre adjoints ont officiellement désavoué cette décision, marquant une rupture nette au sein de l'exécutif municipal et réaffirmant leur allégeance au député Farba Ngom.
Une rupture de gouvernance locale
Le 11 septembre 2026, les quatre adjoints au maire — Peinda Hamady Sow, Samba Farba Diew, Seynabou Niass et Yéro Farba Sy — ont rendu publique une résolution actant leur désaccord profond avec le maire. Ils reprochent à Yaya Abdoul Kane d'avoir engagé la municipalité dans une nouvelle orientation politique sans aucune concertation préalable. Pour les signataires, ce choix, perçu comme une manœuvre individuelle, ne reflète pas la volonté de l'entourage politique qui a porté l'édile au pouvoir.
Le leadership contesté de Yaya Abdoul Kane
La nomination de Yaya Abdoul Kane au poste de président du Conseil d’administration du Fongip, consécutive à son adhésion au parti présidentiel, est interprétée par ses adjoints comme une rupture avec leur allié historique, le député Farba Ngom. Ces derniers rappellent que l'élection de M. Kane à la tête de la mairie de Dabia fut le fruit du soutien direct de M. Ngom. En se tournant vers Kiiraay, le maire est désormais accusé par ses collaborateurs de s'être isolé de la base militante et des structures de décision locales.
Vers une paralysie du conseil municipal
La crise prend une tournure institutionnelle concrète : les adjoints ont formellement déconseillé au maire de convoquer un conseil municipal jusqu'au terme de son mandat. Cette injonction souligne la volonté des élus de neutraliser l'influence de Yaya Abdoul Kane au sein de la gestion communale. En réitérant leur fidélité au député Farba Ngom, les adjoints entendent maintenir le cap des actions de développement déjà engagées, tout en clarifiant leur positionnement auprès des populations locales face à la recomposition politique en cours au Sénégal.