La diplomatie française a exprimé une opposition ferme à l'idée d'une nomination de l'ancien Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, au poste de secrétaire général des Nations unies. Alors que le mandat d'António Guterres s'achève le 31 décembre prochain, Paris refuse de voir cette fonction devenir un refuge pour des dirigeants politiques écartés par leurs électeurs.
Une fin de non-recevoir française
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a clarifié la position de la France devant le Sénat le 28 octobre. Pour le chef de la diplomatie, le secrétariat général de l'ONU ne saurait constituer un « lot de consolation » pour un homme politique battu dans les urnes, en référence à la défaite de Viktor Orbán lors des législatives hongroises d'avril dernier. Si la France n'a pas explicitement confirmé l'usage de son droit de veto, elle a souligné que l'organisation ne devait pas être « dévitalisée » par des puissances cherchant à imposer la loi du plus fort.
L'influence américaine et les soutiens internationaux
Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions diplomatiques accrues. Selon des informations relayées par la presse américaine, l'administration Trump verrait en Viktor Orbán le « candidat conservateur idéal », aligné sur la mouvance MAGA. Une telle candidature pourrait également bénéficier de l'appui de la Chine et de la Russie. Ce soutien potentiel place l'ONU dans une situation délicate, alors que l'organisation fait face à une crise financière et à une érosion du multilatéralisme, y compris de la part de ses membres historiques.
Les enjeux du droit de veto au Conseil de sécurité
La nomination du futur secrétaire général nécessite l'aval du Conseil de sécurité, où la France, comme les États-Unis, la Russie, la Chine et le Royaume-Uni, dispose d'un droit de veto. Bien que la France et le Royaume-Uni soient perçus comme les principaux remparts contre une candidature d'Orbán, les observateurs notent la prudence habituelle de ces deux nations dans l'usage de ce levier. Pour Paris, l'enjeu dépasse la simple nomination : il s'agit de préserver la capacité de l'ONU à répondre aux défis globaux, tels que le dérèglement climatique, les risques liés à l'intelligence artificielle et la gestion des conflits internationaux.