La Direction générale de l'armement (DGA) a officiellement désigné le système Thundart, conçu par Safran et MBDA, comme le futur équipement de frappe longue portée terrestre de l'armée française. Ce choix stratégique marque la fin d'une compétition industrielle face au consortium ArianeGroup-Thales et engage la France dans une phase de renouvellement capacitaire cruciale pour sa souveraineté militaire.
Une réponse technologique aux conflits de haute intensité
Le programme Thundart est destiné à remplacer le lance-roquettes unitaire (LRU) actuel, dont le retrait est fixé à fin 2027. Avec une portée de 150 kilomètres et une capacité de frappe précise malgré le brouillage des signaux GNSS, ce système répond aux exigences des théâtres d'opérations modernes. La roquette, propulsée par Roxel, atteint des vitesses proches de Mach 5 et intègre un système de guidage issu de la technologie AASM de Safran, garantissant une efficacité opérationnelle même en environnement contesté.
Un calendrier industriel ambitieux
Le succès d'un tir de démonstration en avril 2026 a validé la viabilité du projet, permettant le lancement de la phase industrielle. Dès janvier 2027, une coentreprise détenue à parts égales par Safran et MBDA sera créée pour piloter la production et le maintien en condition opérationnelle du système. Le contrat, estimé à 600 millions d'euros, prévoit la livraison d'au moins 13 systèmes d'ici 2030, avec un objectif final de 26 exemplaires pour équiper un bataillon complet à l'horizon 2035.
Souveraineté et retombées territoriales
Au-delà de la performance technique, le projet Thundart est présenté comme un pilier de l'autonomie stratégique française, garantissant une indépendance totale vis-à-vis des fournisseurs étrangers. L'intégralité de la conception et de la fabrication est réalisée sur le sol national, mobilisant des compétences réparties sur plusieurs régions, notamment l'Aquitaine, la Bretagne, le Centre-Val de Loire, l'Île-de-France, les Pays de la Loire et la Provence-Alpes-Côte d'Azur. À terme, le système est également destiné à être commercialisé auprès des armées alliées, positionnant la France comme un acteur majeur du secteur sur la scène internationale.