Face à l'ampleur du commerce illégal d'espèces protégées, le gouvernement français a dévoilé un plan d'action visant à renforcer la surveillance aux frontières et sur les plateformes numériques. Cette initiative répond à un enjeu de biodiversité majeur, mais aussi de sécurité sanitaire, alors que ce trafic mondial génère environ 20 milliards de dollars de revenus annuels.
Une priorité nationale de contrôle
Le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a annoncé l'intégration de la lutte contre la criminalité environnementale parmi les priorités nationales de contrôle. Le dispositif prévoit l'élargissement du groupe de travail interministériel à l'ensemble des trafics d'espèces sauvages, ainsi qu'une mission d'inspection dédiée spécifiquement aux transactions illégales opérées en ligne. Ces mesures visent à mieux encadrer les points d'entrée du territoire, la France étant identifiée par un rapport sénatorial comme un carrefour logistique stratégique en raison de ses hubs aéroportuaires et maritimes.
La problématique de la viande de brousse
Le trafic concerne plus de 4 000 espèces animales et végétales à travers 160 pays, incluant le commerce d'ivoire, d'écailles et d'animaux vivants ou morts. Un volet spécifique du plan cible la « viande de brousse », issue d'animaux sauvages en provenance d'Afrique. Ce commerce illicite, qui touche des espèces variées comme les pangolins, les singes, les chauves-souris ou les serpents, représente un risque sanitaire et écologique persistant que les autorités françaises cherchent désormais à endiguer plus fermement.
Vers une protection animale renforcée
Ces nouvelles annonces s'inscrivent dans une stratégie plus large de protection animale impulsée par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Le plan d'action global intègre des mesures fortes, telles que l'interdiction d'importer des trophées de chasse provenant d'espèces menacées. Par ailleurs, le gouvernement confirme la mise en œuvre d'une « liste positive » d'espèces sauvages autorisées à la détention comme animaux de compagnie, une mesure issue d'une loi de 2021 visant à mieux réguler la possession d'animaux exotiques sur le territoire national.