Neuf mois après les bouleversements politiques de 2025, la France et Madagascar tentent de redéfinir leur partenariat historique en misant sur des résultats tangibles plutôt que sur des liens symboliques. Lors d’une visite récente dans la Grande Île, Bruno Fuchs, président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française, a plaidé pour une coopération recentrée sur l’efficacité et les retombées concrètes pour la population. Santé, assainissement et investissements figuraient parmi les priorités évoquées, mais des défis persistent dans la mise en œuvre rapide des projets.
Une relation à réinventer : de l’histoire aux résultats
Pour Bruno Fuchs, la coopération franco-malgache ne peut plus se contenter de son héritage historique. Le député français insiste sur la nécessité de transformer cette proximité en un partenariat mesurable, capable de répondre aux besoins économiques et sociaux de Madagascar. « Les attentes à l’égard de la France restent importantes, mais la concrétisation des projets doit suivre », souligne-t-il après une semaine de discussions avec les autorités malgaches, des entreprises et des acteurs du développement.
Madagascar, un partenaire libre de diversifier ses alliances
Contrairement à une idée reçue, la diversification des partenariats internationaux de Madagascar ne menace pas nécessairement la relation avec la France. Bruno Fuchs reconnaît qu’Antananarivo a le droit de collaborer avec plusieurs puissances, aucune ne pouvant à elle seule répondre à l’ensemble de ses besoins de développement. La France doit donc adapter sa stratégie : « Construire une coopération suffisamment attractive par ses résultats, plutôt que rechercher une relation exclusive », explique-t-il. Cette approche vise à maintenir l’influence française dans un contexte où d’autres acteurs, comme la Chine ou les États-Unis, renforcent leur présence.
Pas de rejet de la France, mais une exigence de performance
Un autre élément clé de ce rééquilibrage : l’absence de rejet de la France à Madagascar, contrairement à ce qui s’observe dans d’autres pays africains. Pour Bruno Fuchs, cette stabilité relative offre une base solide pour relancer la coopération. L’enjeu ? Prouver que les projets franco-malgaches génèrent des bénéfices visibles pour la population, sous peine de voir Antananarivo se tourner vers des alternatives perçues comme plus efficaces. Santé, assainissement et investissements figurent parmi les secteurs où les retombées doivent être immédiates pour justifier la poursuite de cette relation privilégiée.