Le calculateur quantique Helium, développé par la startup française Alice & Bob, sera opérationnel au Très Grand Centre de Calcul (TGCC) du CEA à l'horizon 2027. Ce dispositif sera mis gratuitement à la disposition des chercheurs académiques et industriels engagés dans des travaux de recherche ouverte.
Cette initiative s'inscrit dans une volonté de démocratiser l'accès aux technologies quantiques de nouvelle génération. En intégrant le TGCC, Helium ne sera pas une unité isolée : il sera couplé aux supercalculateurs Joliot-Curie et, ultérieurement, à la machine européenne exaflopique Alice Recoque, favorisant ainsi une approche hybride du calcul haute performance.
Une architecture axée sur la correction d'erreurs
La spécificité d'Helium repose sur l'utilisation de « qubits de chat », une technologie conçue pour corriger nativement les erreurs de type « bit-flip ». Cette capacité d'auto-correction est cruciale pour le développement de l'informatique quantique tolérante aux fautes (FTQC). Avec ses 18 qubits physiques, le système vise à coder un premier qubit logique, une étape indispensable pour fiabiliser les calculs complexes qui, jusqu'ici, étaient entravés par la fragilité inhérente aux bits quantiques.
Un écosystème soutenu par la stratégie nationale
L'acquisition d'Helium par le Grand Équipement National de Calcul Intensif (GENCI) est financée par le programme national HQI (France Hybrid HPC Quantum Initiative). Ce projet, rattaché à la Stratégie nationale quantique du plan France 2030, bénéficie d'une enveloppe globale de 72,3 millions d'euros. Si le coût spécifique de la machine n'a pas été divulgué, son déploiement au CEA confirme la volonté de la France de structurer une filière souveraine capable de faire le pont entre la recherche fondamentale et les applications industrielles.
Vers l'horizon 2030 avec le projet Graphene
Au-delà de l'exploitation d'Helium, Alice & Bob a déjà tracé sa feuille de route pour la fin de la décennie. L'entreprise ambitionne de construire Graphene d'ici 2030, un ordinateur quantique universel doté de 100 qubits logiques à haute fidélité. L'objectif est de démontrer un avantage quantique concret sur des cas d'usage industriels, en surpassant les capacités des supercalculateurs classiques. Cette ambition place la startup dans une compétition internationale intense, face à des acteurs majeurs comme IBM, qui développe parallèlement ses propres systèmes tolérants aux fautes.