Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a catégoriquement rejeté les accusations de Niamey selon lesquelles Paris aurait encouragé une mutinerie au sein des forces armées nigériennes. Qualifiées de « pures fantaisies », ces allégations interviennent alors que le gouvernement de Niamey envisage de saisir la justice internationale.
Déclarations officielles de la France
Interrogé par RFI, Jean-Noël Barrot a affirmé que la France n’avait ni l’intention ni les moyens de provoquer une rébellion parmi les militaires nigériens. Le porte-parole a souligné l’absence de toute action française visant à soutenir ou à orchestrer la tentative de mutinerie, rappelant que les faits rapportés relèvent d’une initiative interne au Niger.
Version nigérienne et recours juridiques
Le Conseil des ministres du Niger a présenté la mutinerie comme le fruit d’un « vaste réseau de complices » dirigé par la France, après que les autorités militaires ont déclaré avoir déjoué l’insurrection avec l’appui de leurs alliés russes. Niamey a indiqué que le gouvernement se réservait le droit de porter l’affaire devant la justice internationale, soulignant la gravité des accusations portées contre l’ancienne puissance coloniale.
Reconnaissance des victimes civiles et soutien régional
Pour la première fois, le conseil des ministres nigérien a reconnu la mort de civils lors des événements, une dimension qui ajoute une dimension humanitaire au différend. Le gouvernement a également remercié le Mali et le Burkina Faso pour leur soutien, témoignant de la coopération régionale autour du régime du général Abdourahamane Tiani, à la tête du pays depuis le coup d’État de juillet 2023.
Contexte des tensions franco‑nigériennes
Les accusations s’inscrivent dans un contexte de relations tendues entre le Niger et la France, marquées depuis plusieurs années par des critiques récurrentes de la part des autorités nigériennes à l’encontre de l’influence française en Afrique de l’Ouest. Cette nouvelle polémique, relayée initialement par la télévision publique nigérienne puis reprise dans un communiqué officiel, risque d’alimenter davantage la méfiance bilatérale et de compliquer les éventuelles négociations diplomatiques à venir.