La présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, a exposé un programme fiscal radical visant à plafonner l'héritage à 12 millions d'euros. Cette proposition s'inscrit dans une volonté affichée par le mouvement de lutter contre ce qu'ils qualifient de « sécession » des plus fortunés face à la solidarité nationale.
Un plafonnement de l'héritage à 12 millions d'euros
Au cœur de la stratégie économique défendue par Mathilde Panot figure une mesure choc : l'instauration d'un plafond sur les transmissions de patrimoine. Concrètement, le mouvement propose de récupérer l'intégralité des héritages dépassant le seuil de 12 millions d'euros. Pour la députée, cette mesure est une question de moralité publique, arguant que la concentration extrême des richesses, notamment par le biais de l'héritage, est devenue insupportable dans un contexte où une partie de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Réforme fiscale et impôt différentiel
Au-delà de l'héritage, LFI décline une refonte globale de la fiscalité. Le programme prévoit le rétablissement de l'impôt sur la fortune (ISF) et l'application de la « taxe Zucman », qui instaurerait un impôt minimum de 2 % sur les patrimoines excédant 100 millions d'euros. Le dispositif fiscal envisagé comprendrait également la création de 14 tranches d'imposition, avec pour objectif affiché de réduire la pression fiscale sur les revenus inférieurs à 4 000 euros par mois. Face au risque de départ des contribuables les plus aisés, Mathilde Panot a évoqué la possibilité d'instaurer un impôt différentiel pour les citoyens français s'exilant à l'étranger.
Le constat d'une fracture sociale croissante
Les cadres de La France insoumise, dont Éric Coquerel, président de la commission des Finances, justifient ces propositions par l'évolution des inégalités sur la dernière décennie. Selon les données avancées par le mouvement, le patrimoine des 500 plus grandes fortunes françaises aurait doublé en dix ans. Pour les élus insoumis, cette accumulation fragilise la cohésion républicaine. Ils estiment que la concentration des richesses entre les mains d'une minorité, souvent issue de l'héritage, constitue un frein à la justice sociale et un coût pour la collectivité, justifiant ainsi une intervention étatique plus marquée par la redistribution.