À l'approche de l'échéance présidentielle de 2027, La France insoumise a rendu public son programme « L'avenir en commun », marquant une rupture nette avec la doctrine de défense actuelle. Le projet propose une réorientation stratégique majeure, articulée autour du non-alignement diplomatique et d'une priorité donnée à la maîtrise technologique souveraine.
Une rupture avec l'Alliance atlantique
Le pilier central de la vision diplomatique de Jean-Luc Mélenchon repose sur le retrait de la France de l'Otan. Le candidat rejette explicitement l'objectif d'allouer 5 % du PIB aux dépenses militaires, un seuil récemment évoqué par les membres de l'Alliance pour 2035. Malgré cette volonté de quitter l'organisation, le programme précise que la France maintiendrait ses engagements de solidarité envers ses partenaires européens, conformément aux clauses de défense mutuelle de l'Union européenne, tout en cherchant à sortir le pays de ce qu'il qualifie d'isolement occidental.
Nationalisation et souveraineté spatiale
Le volet industriel du programme insoumis ambitionne de placer les technologies de rupture au cœur de l'appareil militaire. Une mesure phare consiste en la nationalisation d'ArianeGroup, actuellement détenu à parts égales par Airbus et Safran, afin de garantir un contrôle public total sur la fabrication des lanceurs et des missiles nucléaires. Parallèlement, le parti prône une « démilitarisation de l'espace » tout en souhaitant doter la France d'un avion spatial souverain, s'appuyant sur les projets de coopération technologique existants comme le programme Vortex.
Priorité aux capacités stratégiques
Plutôt que d'axer l'effort sur une augmentation massive du nombre de plateformes de combat classiques, comme les avions de chasse ou les frégates, le programme privilégie le renforcement des « encapacitants » stratégiques. Cette approche cible prioritairement le renseignement, la logistique, la communication et la cybersécurité. L'objectif affiché est de réduire drastiquement les dépendances technologiques de la France, notamment en développant des alternatives souveraines aux infrastructures étrangères, à l'image d'un système de communication satellitaire qui se substituerait à des solutions comme Starlink.