La France insoumise (LFI) a rendu public, ce mercredi 14 octobre, le projet budgétaire qu'elle entend appliquer en cas de victoire de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle de 2027. Ce programme prévoit une refonte profonde des finances publiques, articulée autour de 106,4 milliards d'euros de recettes supplémentaires et 81,7 milliards d'euros de nouvelles dépenses.
Une stratégie fiscale axée sur le capital
Pour financer ce projet, le mouvement propose de cibler prioritairement les revenus du capital et les hauts patrimoines. Éric Coquerel, président de la Commission des finances, a détaillé plusieurs leviers : l'instauration d'un « ISF climatique » (10 milliards d'euros), la suppression de la flat tax (9 milliards d'euros) et une taxe spécifique sur les ménages détenant plus de 100 millions d'euros, dite « taxe Zucman » (15 milliards d'euros). Le programme prévoit également une hausse de la fiscalité sur les Gafam, une réforme des droits de succession et une réduction ciblée de certaines niches fiscales, telles que le crédit impôt recherche ou le pacte Dutreil.
Priorités sociales et services publics
Sur le volet des dépenses, le projet insoumis met l'accent sur le renforcement des services publics. LFI prévoit la création de 10 000 postes dans le secteur de la santé et un effectif équivalent au sein de l'Éducation nationale. La gratuité des cantines scolaires est également inscrite comme une mesure phare. Parallèlement, le programme confirme l'objectif de retour à la retraite à 62 ans, puis à 60 ans sur la durée du quinquennat, ainsi qu'une revalorisation salariale pour les fonctionnaires.
Dette et souveraineté budgétaire
Outre ces mesures de redistribution, LFI affiche une volonté de désendettement, prévoyant d'allouer 25 milliards d'euros dès la première année à la réduction de la dette publique. Le mouvement envisage par ailleurs un bras de fer avec les institutions européennes. Bien que non intégré au calcul budgétaire immédiat, le projet inclut une réduction de 10 % de la contribution française à l'Union européenne, conditionnée à une évolution de la politique de la Banque centrale européenne concernant les titres de dette française.