Le renouvellement des sanctions de l'Union européenne contre la Russie a été temporairement suspendu, suite à l'opposition de la France et de la Slovaquie concernant le maintien de l'oligarque Alicher Ousmanov sur la liste des personnes visées. Cette manœuvre diplomatique, qualifiée d'inattendue par certains partenaires européens, serait directement liée aux efforts de Paris pour obtenir la libération de ressortissants français détenus en Azerbaïdjan.
Un levier diplomatique pour la libération de ressortissants français
La position française, partagée par la Slovaquie, bloque le renouvellement des mesures restrictives visant environ 3 000 entités et individus liés à l'effort de guerre russe. Selon des informations relayées par la presse internationale, Paris chercherait à négocier une exception pour Alicher Ousmanov en échange de la libération de citoyens français emprisonnés en Azerbaïdjan. Parmi ces détenus figurent notamment Anass Derraz et Martin Ryan, condamnés respectivement à douze et dix ans de prison, un dossier qui fait l'objet d'un suivi attentif à l'Assemblée nationale française.
Le statut juridique d'Alicher Ousmanov
Inscrit sur la liste des sanctions européennes depuis 2022 en raison de ses liens étroits avec le pouvoir moscovite, le milliardaire russo-ouzbek conteste vigoureusement ces mesures. Malgré plusieurs recours judiciaires, le Tribunal de l'Union européenne a confirmé, en septembre 2025, le bien-fondé de son maintien dans le dispositif. L'Union européenne justifie cette inscription par le rôle stratégique de l'homme d'affaires dans des secteurs économiques cruciaux pour les intérêts russes.
L'impasse politique au sein des Vingt-Sept
Le blocage actuel place la diplomatie européenne dans une situation délicate. Alors que les États membres devaient valider la reconduction automatique des sanctions, l'exigence française a suscité des tensions au sein du Conseil, certains diplomates qualifiant cette démarche d'« ahurissante ». Les discussions doivent se poursuivre dans les prochains jours afin de trouver un compromis. L'issue de ce dossier dépendra de la capacité des Vingt-Sept à concilier leurs objectifs de politique étrangère globale avec les priorités nationales de la France concernant la sécurité de ses ressortissants à l'étranger.