À l'approche de l'élection présidentielle, la France se trouve confrontée à une dégradation marquée de ses indicateurs macroéconomiques. Le gouvernement prépare un budget 2027 incluant 54 milliards d'euros d'économies pour tenter de redresser des finances publiques marquées par un déficit persistant et une dette atteignant des niveaux historiques.
Une croissance en berne et un déficit structurel
L'économie française peine à retrouver un élan significatif. Après une croissance nulle au deuxième trimestre 2026, le pays a évité de justesse la récession technique, avec une prévision gouvernementale révisée à la baisse, à 0,5 % pour l'année 2026. Ce ralentissement s'inscrit dans un contexte de déficit public chronique, qui s'établit autour de 5 % du PIB, loin de la limite des 3 % exigée par les règles européennes. Le dernier budget excédentaire de la France remonte à 1974, illustrant la difficulté structurelle de l'État à équilibrer ses dépenses et ses recettes.
Le poids de la dette et la flambée des taux
La dette publique française culmine désormais à 3 536 milliards d'euros, soit 117,5 % du PIB. Cette situation est aggravée par une hausse inédite des taux d'intérêt, les obligations à dix ans dépassant les 4 %, un niveau inégalé depuis deux décennies. Cette charge de la dette, qui a atteint 64,7 milliards d'euros en 2025, pèse lourdement sur les marges de manœuvre budgétaires et pourrait avoisiner les 100 milliards d'euros d'ici 2029 selon la Cour des comptes.
Le retour du chômage et les défis sociaux
Le marché du travail, autrefois présenté comme un succès de la politique gouvernementale, montre des signes de fragilité. Le taux de chômage est reparti à la hausse depuis 2025 pour atteindre 8,3 % au deuxième trimestre 2026, soit 2,7 millions de personnes. La situation est particulièrement préoccupante pour les jeunes, dont le taux de chômage a grimpé à 21,6 %. Cet indicateur s'éloigne de l'objectif initial de 5 % fixé par l'exécutif pour la fin du quinquennat.
Balance commerciale : entre progrès et dépendance
Si le déficit commercial de la France tend à se réduire, passant de 159,7 milliards d'euros en 2022 à 64,9 milliards en 2025, la structure des échanges reste contrastée. Le déséquilibre avec l'Allemagne s'est atténué, mais la dépendance commerciale vis-à-vis de la Chine s'est accentuée, le fossé atteignant 50 milliards d'euros. Parallèlement, le secteur agricole, pilier traditionnel, voit ses excédents fondre, atteignant un niveau historiquement bas en 2025.