Une vaste mobilisation interprofessionnelle paralyse une partie de la France ce jeudi 5 novembre, portée par une intersyndicale unie. Ce mouvement, qui fait suite à plusieurs semaines de manifestations, cristallise les revendications sur le pouvoir d'achat, la préservation des services publics et le soutien à la jeunesse dans un contexte de débats parlementaires sur le budget 2027.
Une coalition syndicale face au gouvernement
L'appel à la grève est porté par une alliance inédite regroupant la CFDT et la CGT, ainsi que les principales organisations de l'Éducation nationale, la FSU et l'UNSA. Les revendications portent sur des enjeux structurels de société, alors que le gouvernement tente de calmer la grogne sociale par des mesures ponctuelles, notamment sur le prix des carburants. Le choix des itinéraires de manifestation, initialement prévu près des centres de décision politique comme l'Assemblée nationale, souligne la volonté des syndicats de peser directement sur les arbitrages budgétaires en cours.
Impact sur les infrastructures et les transports
La mobilisation entraîne des perturbations significatives sur l'ensemble du territoire. Le secteur ferroviaire est particulièrement touché, avec des ralentissements annoncés sur les réseaux TGV, Intercités et TER. Le trafic aérien et maritime subit également les conséquences des préavis de grève déposés par les contrôleurs et les personnels portuaires. À Lyon, le réseau de transports en commun sera fortement impacté, tandis que des blocages routiers sont anticipés, notamment sur l'A35 à Strasbourg.
Dispositif sécuritaire et enjeux de participation
Face à la crainte de débordements et de la formation de cortèges non autorisés, le ministère de l'Intérieur a déployé un dispositif massif de 70 000 policiers et gendarmes, incluant des unités d'élite. La préfecture de police de Paris a imposé des tracés alternatifs pour les cortèges, interdisant l'accès aux zones sensibles comme les abords de l'Élysée. Le succès de cette journée sera mesuré par les chiffres de participation, alors que les précédentes manifestations ont montré une divergence persistante entre les comptages officiels du gouvernement et ceux des organisations syndicales, dans un climat de mobilisation qui s'essouffle progressivement depuis la mi-octobre.