Le ministre français des Comptes publics David Amiel a lancé un avertissement solennel contre les dérives du populisme budgétaire, lors d’une intervention devant la CFDT, tout en soulignant l’urgence de redresser les finances publiques sans sacrifier les services essentiels.
Deux pièges à éviter : dépenses non financées et démantèlement brutal
David Amiel a identifié deux écueils majeurs qui menacent l’équilibre des services publics en France. Le premier consiste à promettre des dépenses supplémentaires sans en préciser le financement, ce qui conduit inévitablement à des coupes aveugles dans les services publics. Le second, plus radical, prône un démantèlement systématique de l’État, à l’image des politiques menées en Argentine sous Javier Milei, où la réduction drastique du poids de l’État s’accompagne d’une baisse brutale des prestations sociales. Pour le ministre, ces deux approches, bien que opposées, partagent un même résultat : l’affaiblissement des services publics et la précarisation des citoyens.
Un statu quo budgétaire trompeur depuis cinquante ans
Malgré des prélèvements obligatoires parmi les plus élevés au monde, la part des dépenses publiques dans le PIB français reste stable, autour de 20 %, depuis un demi-siècle. Cette stabilité apparente masque cependant une réalité plus complexe : l’État peine à financer ses missions essentielles sans alourdir davantage la dette ou réduire la qualité des services rendus. David Amiel a rappelé que cette situation exige des arbitrages structurels, loin des promesses électorales non financées ou des réformes brutales.
Un objectif de déficit à 5 % du PIB en 2026, un pari de plus en plus incertain
Le gouvernement français s’est fixé une cible ambitieuse : ramener le déficit public à 5 % du PIB d’ici 2026. Pourtant, cette ambition est désormais jugée « difficile à atteindre » par les autorités elles-mêmes. Les arbitrages budgétaires, qui doivent être présentés prochainement par le Premier ministre, s’annoncent donc comme un exercice d’équilibriste. Entre la nécessité de réduire les dépenses et celle de préserver les services publics, le défi est de taille. David Amiel a insisté sur la nécessité d’un effort collectif, excluant toute solution miracle qui reposerait soit sur une hausse des impôts, soit sur des coupes aveugles.