L'agence de notation Fitch s'apprête à rendre son verdict sur la note souveraine de la France ce vendredi, dans un climat économique marqué par une croissance nulle au deuxième trimestre. Alors que le gouvernement de Sébastien Lecornu prépare le projet de loi de finances 2027, le maintien de la note actuelle, fixée à A+ avec une perspective stable, apparaît comme le scénario le plus probable malgré des indicateurs macroéconomiques en berne.
Une croissance à l'arrêt et des défis climatiques
Les dernières données de l'Insee confirment une stagnation du PIB français au deuxième trimestre, une révision à la baisse qui souligne la fragilité de l'économie nationale. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a directement lié cette contre-performance aux aléas climatiques de l'été, notamment les épisodes de canicule et de sécheresse ayant durement affecté la production agricole. Cette dégradation conjoncturelle s'ajoute à des prévisions de croissance revues à la baisse par les experts, influencées par un contexte géopolitique international instable, notamment en raison du conflit au Moyen-Orient.
La soutenabilité de la dette sous surveillance
Le déficit public, estimé autour de 5 % du PIB, ne laisse que peu de marges de manœuvre au gouvernement pour engager une consolidation budgétaire efficace. Les analystes de Natixis CIB soulignent que la dette publique devrait poursuivre sa trajectoire ascendante jusqu'en 2030, alourdie par une charge d'intérêts en forte progression. Pour Fitch, la capacité de l'État à inverser cette tendance reste un point de vigilance majeur : l'agence avait déjà averti qu'une hausse durable du ratio dette sur PIB, couplée à des coûts de financement persistants, constituerait un signal négatif pour la notation du pays.
Un calendrier politique sous haute tension
L'horizon budgétaire est d'autant plus complexe que le gouvernement doit présenter son budget 2027 dès le 30 septembre. Ce processus législatif s'annonce périlleux, avec une opposition parlementaire, notamment La France insoumise, qui a déjà annoncé son intention de censurer le projet. Si les analystes estiment que Fitch pourrait faire preuve de patience en attendant le début effectif du cycle budgétaire, la volatilité politique inhérente à l'approche de l'élection présidentielle pourrait peser sur la confiance des marchés et la perception de la stabilité institutionnelle française.