La découverte de six corps ligotés et les yeux bandés dans une fosse commune à Forécariah, dans le sud-ouest de la Guinée, a provoqué une vive réaction diplomatique. La France a officiellement demandé l'ouverture d'une enquête indépendante et transparente pour faire la lumière sur ces décès, alors que des organisations de la société civile pointent du doigt la possibilité d'exécutions extrajudiciaires.
Les circonstances de la découverte à Forécariah
C'est le 24 août dernier que la macabre découverte a été faite par des habitants de la sous-préfecture d'Allassoyah, située dans la préfecture de Forécariah. Alors qu'ils ramassaient du bois, ces citoyens ont mis au jour une fosse commune contenant les dépouilles de six hommes. L'état des corps, retrouvés ligotés et les yeux bandés, suggère une mort violente et préméditée, soulevant immédiatement des interrogations sur l'origine de ces actes.
Les soupçons des collectifs citoyens
Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) et le mouvement « Tournons la page-Guinée » (TLP-Guinée) se sont saisis de l'affaire. Les avocats du FNDC estiment que l'hypothèse d'exécutions extrajudiciaires visant des opposants au régime ne peut être écartée. De son côté, TLP-Guinée replace cet événement dans un contexte plus large, affirmant documenter depuis la prise de pouvoir de la junte en septembre 2021 de nombreux signalements concernant des exécutions présumées de civils et d'agents de l'État soupçonnés de déloyauté.
Un climat politique sous tension
Cette découverte intervient dans un climat de restriction des libertés publiques en Guinée. Depuis 2022, les manifestations sont interdites et plusieurs partis politiques ont été suspendus. Le général Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir par un coup d'État en 2021, a été élu président en décembre 2025. La répression des voix dissidentes, marquée par l'arrestation ou l'exil de nombreux dirigeants de l'opposition et de la société civile, alimente les craintes des organisations internationales quant à l'état de droit dans le pays. L'exigence de transparence formulée par Paris place désormais la justice guinéenne sous une pression accrue pour démontrer son indépendance dans la conduite des investigations.