Le bilan annuel des morts violentes au sein du couple en France pour l'année 2025 révèle une dégradation préoccupante de la situation, avec 136 décès recensés par les forces de l'ordre. Cette statistique, qui équivaut à un décès tous les trois jours, est marquée par une hausse de 4 % des féminicides, portant le nombre de femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint à 111.
Une dynamique de violence ancrée dans la sphère privée
L'étude souligne que le domicile demeure le lieu principal de ces drames, concentrant 76 % des faits. L'usage d'armes, qu'elles soient blanches (52 cas) ou à feu (30 cas), illustre la létalité des violences exercées. Au-delà des homicides, les autorités ont également enregistré 435 tentatives d'homicides au sein du couple, révélant l'ampleur du phénomène. Les mobiles identifiés mettent en lumière des facteurs récurrents : 26 % des passages à l'acte font suite à une dispute, tandis que 22 % s'inscrivent dans un contexte de séparation non acceptée par l'auteur.
Profil des auteurs et vulnérabilité des victimes
Le profil type de l'auteur demeure majoritairement masculin, souvent sans activité professionnelle et âgé en moyenne de 50 ans, avec une prévalence marquée dans la tranche des 30-39 ans. Cette réalité statistique contraste avec une baisse significative des faits impliquant des auteurs de 70 ans et plus par rapport à l'année précédente. Pour les victimes, la vulnérabilité est souvent documentée avant le passage à l'acte : 37 % des femmes décédées avaient déjà subi des violences antérieures.
L'efficacité des dispositifs de protection en question
Un point critique soulevé par ces données concerne le parcours des victimes face aux institutions. Parmi les femmes ayant déjà signalé des violences, 61 % avaient alerté les forces de l'ordre, et 88 % d'entre elles avaient formellement déposé plainte. Malgré ces démarches, le recours aux dispositifs de protection reste marginal au regard du nombre total de victimes : une seule bénéficiait d'un « téléphone grave danger » (TGD) et une autre d'un bouton d'alerte « Monshérif » au moment des faits. Ces chiffres posent la question de la prise en charge et de la protection effective des personnes ayant déjà manifesté leur état de danger auprès des autorités compétentes.