Le recours à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en France confirme sa tendance à la hausse en 2025, avec un total de 259 416 actes enregistrés. Cette progression, observée de manière continue depuis 2022, soulève des questions sur l'accès aux soins et les disparités territoriales persistantes dans l'Hexagone et en Outre-mer.
Une progression statistique généralisée
Selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), le nombre d'IVG a augmenté de 7 219 unités par rapport à l'année précédente. Le taux de recours s'établit désormais à 17,8 pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans, soit une hausse de 0,5 point. Si cette augmentation concerne toutes les tranches d'âge, les femmes âgées de 20 à 29 ans demeurent les plus représentées, avec des taux de recours dépassant les 29 pour 1 000 dans ces classes d'âge.
Des disparités géographiques marquées
L'étude met en lumière des écarts significatifs dans l'accès et le recours à l'IVG selon les zones géographiques. Le taux de recours est deux fois plus élevé dans les territoires d'Outre-mer qu'en France métropolitaine. Au sein même de l'Hexagone, des différences notables subsistent, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur affichant une fréquence d'IVG deux fois supérieure à celle observée dans les Pays de la Loire.
Mutation des méthodes et des acteurs
La prise en charge de l'IVG a connu une transformation structurelle profonde au cours des deux dernières décennies. Alors qu'en 2004, la totalité des actes étaient réalisés en établissement de santé, ce chiffre est tombé à 53 % en 2025. Parallèlement, la méthode médicamenteuse s'est imposée comme la pratique dominante, représentant désormais 81 % des interventions. Le rôle des sages-femmes libérales, autorisé depuis 2016, s'affirme également comme un levier majeur de cette évolution, avec une croissance de 15 % du nombre d'actes réalisés par ces professionnelles en un an, couvrant aujourd'hui une IVG sur quatre.
Mobilisation pour l'accès aux droits
Face à ces évolutions, des organisations féministes maintiennent une vigilance sur l'effectivité du droit à l'avortement. Un appel à manifester a été lancé pour le 28 septembre, visant à défendre l'accès à l'IVG sur l'ensemble du territoire national et à soutenir des mesures législatives plus larges contre les violences faites aux femmes et aux enfants.