Le chef d’état-major des armées françaises, le général Fabien Mandon, a tenu des entretiens séparés le 3 novembre 2026 à Paris avec Khaled Haftar et Salah al-Namroush, les deux figures de proue des forces armées libyennes. Cette séquence diplomatique, organisée en marge du salon Euronaval, souligne l'ambition française de renforcer la coordination sécuritaire avec les acteurs clés de la rive sud de la Méditerranée.
Une médiation française sous le signe de la stabilité
Officiellement, ces rencontres visent à promouvoir la sécurité régionale et à instaurer un dialogue constructif avec les deux pôles militaires libyens. Si la France insiste sur une démarche de stabilité, des sources libyennes suggèrent que ces échanges pourraient servir de prélude à une médiation plus directe entre les deux généraux. L'objectif sous-jacent serait d'amorcer une réflexion sur l'unification des forces armées libyennes, un enjeu crucial pour la souveraineté du pays.
Des agendas militaires divergents
Chaque camp a livré sa propre interprétation de ces entretiens parisiens. L'état-major de Tripoli, dirigé par Salah al-Namroush depuis décembre 2025, présente cette visite comme la poursuite de consultations visant à renforcer la coopération en matière de défense. De son côté, le commandement de l'Est, sous l'autorité de Khaled Haftar, met en avant un échange d'expertises techniques et une analyse partagée des menaces sécuritaires actuelles.
Le positionnement stratégique de Khaled Haftar
Le déplacement de Khaled Haftar à Paris s'inscrit dans une offensive diplomatique plus large. Avant son escale française, le dirigeant de l'Est libyen a multiplié les contacts régionaux, notamment au Maroc, où il a été reçu par l'inspecteur général des Forces armées royales, et au Niger, avec lequel il a récemment conclu un accord de coopération stratégique. Ces initiatives témoignent de la volonté de l'état-major de l'Est de consolider ses alliances internationales, alors que la France maintient, en parallèle, des canaux de communication ouverts avec les différentes branches de la famille Haftar, comme en témoigne la réception de Saddam Haftar à l'Élysée en début d'année 2026.