Face à une menace jugée « très élevée » de troubles à l'ordre public, le gouvernement français a annoncé le déploiement exceptionnel de 70 000 policiers et gendarmes pour la journée du 31 octobre. Ce dispositif, qui vise à prévenir les pillages et les dégradations, s'inscrit dans un climat de tension sociale marqué par des appels à l'insurrection circulant sur les réseaux sociaux.
Un dispositif de sécurité renforcé et étendu
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé la reconduction et l'amplification du dispositif de sécurité déjà éprouvé le week-end précédent. Cette stratégie repose sur une présence massive des forces de l'ordre, incluant des unités spécialisées telles que le RAID, la BRI et le GIGN, appuyées par des moyens technologiques comme les drones et les hélicoptères. Les véhicules blindés de la gendarmerie, les unités cynophiles et les brigades équestres seront également déployés pour couvrir l'ensemble du territoire national.
Encadrement strict des rassemblements
La gestion des manifestations pour cette journée particulière impose des contraintes géographiques strictes. Les autorités ont décidé d'interdire les rassemblements dans les centres-villes, les jugeant trop vulnérables aux débordements. Les organisateurs sont désormais tenus de garantir un service d'ordre capable de prévenir les violences pour obtenir une autorisation, et les manifestations devront se limiter aux zones périphériques. Le ministre a par ailleurs averti que le port du masque, même dans le contexte de la fête d'Halloween, ne sera pas toléré s'il est utilisé pour dissimuler le visage dans l'espace public lors de troubles.
Menaces ciblées et fermeté affichée
Les services de renseignement ont identifié des appels à la mobilisation émanant de mouvances radicales, notamment de l'ultragauche et de certains groupes issus des « gilets jaunes ». Ces messages, qui incitent ouvertement à la révolution, au saccage et au pillage, ont conduit les préfets à interdire systématiquement les rassemblements liés à ces appels. Cette vigilance accrue intervient dans un contexte de forte usure des forces de l'ordre : depuis la mi-septembre, le ministère fait état de 1 193 policiers et gendarmes blessés lors des mouvements sociaux et lycéens, justifiant ainsi le recours à des rappels de congés pour maintenir ce niveau de mobilisation exceptionnel.