Le gouvernement français a dévoilé un dispositif d'urgence d'un milliard d'euros destiné à soutenir le secteur agricole, durement éprouvé par les épisodes de canicule et de sécheresse de l'été. Ce plan vise prioritairement à stabiliser la trésorerie des exploitations pour prévenir les risques de faillite et favoriser la relance de la production nationale.
Indemnisations directes et soutien à la trésorerie
Le cœur du dispositif repose sur une enveloppe de 520 millions d'euros spécifiquement allouée à l'indemnisation des pertes directes subies par les agriculteurs. En complément, le gouvernement a décidé d'augmenter de 5 % le montant des avances de la Politique Agricole Commune (PAC), portant le taux de versement à 75 %. Cette mesure représente une injection immédiate de 420 millions d'euros dans les comptes des exploitations, visant à apporter une bouffée d'oxygène financière rapide.
Un fonds de résilience territoriale
Au-delà des aides directes, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a instauré un « fonds de réarmement » doté de 235 millions d'euros. Ce mécanisme, placé sous l'autorité des préfets, offre une flexibilité régionale pour répondre aux besoins spécifiques de chaque territoire. Ces fonds permettront notamment l'acquisition de semences, de fourrage et d'intrants, tout en finançant la réparation des dommages causés par les incendies survenus durant l'été 2026.
Réformes structurelles et mesures fiscales
Le plan intègre également des ajustements structurels pour mieux protéger les agriculteurs face aux aléas climatiques futurs. Dès 2027, le mode de calcul des indemnisations sera modifié : la référence ne sera plus basée sur les cinq dernières années, mais sur une moyenne glissante de huit ans, une mesure négociée à Bruxelles pour lisser les effets de la volatilité des rendements. Parallèlement, le gouvernement a acté la prolongation des aides aux carburants et aux intrants, ainsi qu'un dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés non bâties pour les exploitants les plus sinistrés. La prise en charge des cotisations sociales auprès de la Mutualité Sociale Agricole sera également renforcée pour alléger les charges fixes des professionnels.