Le gouvernement français a officiellement dénoncé la mise sous administration provisoire de plusieurs filiales européennes opérant sur le sol russe. Cette décision, qui cible notamment les actifs des groupes Auchan, Leroy Merlin et Nestlé, marque une nouvelle étape dans la dégradation des relations économiques entre Moscou et les entreprises occidentales.
Le transfert des actifs vers L.E.V. Management
Les opérations russes de ces multinationales ont été placées sous le contrôle d'une entité russe baptisée L.E.V. Management. Selon des informations relayées par Novaïa Gazeta Europa, cette structure a été constituée fin 2025 et est dirigée par Andreï Kraiouchkine, un général russe. Cette manœuvre administrative affecte directement la famille Mulliez, propriétaire d'Auchan et de l'ex-Leroy Merlin, dont la filiale russe emploie plus de 33 000 personnes à travers un réseau de 241 points de vente.
La rhétorique du Kremlin face aux pays inamicaux
Le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a justifié cette mesure en qualifiant les entreprises concernées d'acteurs issus de « pays inamicaux ». Selon Moscou, cette classification se fonde sur l'implication active de ces nations dans le soutien à l'Ukraine dans le cadre du conflit en cours. Cette décision intervient dans un contexte où de nombreuses multinationales ont choisi de quitter le marché russe depuis le début de l'invasion à grande échelle en février 2024, tandis que celles restées sur place font l'objet de critiques nourries de la part de Kiev, qui les accuse de contribuer au financement de l'effort de guerre russe.
Vers une expropriation des intérêts européens
Si la direction russe d'Auchan a sollicité des clarifications et que Nestlé a indiqué « prendre note » de la situation, les analystes financiers, notamment ceux de Jefferies, alertent sur la portée réelle de cette mesure. La mise sous administration provisoire est fréquemment interprétée comme le prélude à une vente forcée ou à une expropriation pure et simple des actifs étrangers. Face à ce risque, le ministère français des Affaires étrangères a appelé les autorités russes à revenir sur leur décision, tout en maintenant un canal de communication avec les entreprises françaises impactées par cette restructuration forcée.