La France a récemment suscité l'incompréhension au sein de l'Union européenne en bloquant le renouvellement des sanctions visant l'oligarque russe Alicher Ousmanov. Cette décision, prise conjointement avec la Slovaquie, intervient dans un contexte de tensions diplomatiques où Paris chercherait à obtenir la libération de citoyens français détenus en Azerbaïdjan.
Un blocage diplomatique à Bruxelles
Lors d'une réunion à Bruxelles, la France a opposé son veto au renouvellement pour une durée de 12 mois des sanctions européennes frappant près de 3 000 individus et entités liés à l'effort de guerre russe. Si Paris a officiellement invoqué des « raisons de sécurité nationale » pour justifier cette position, plusieurs diplomates européens ont qualifié cette demande d'« étonnante ». Cette manœuvre a conduit les 27 pays membres à suspendre leur décision pour une semaine supplémentaire afin de poursuivre les consultations.
L'enjeu des ressortissants français
Selon des informations concordantes, cette posture française serait directement liée à une tentative de négociation pour obtenir la libération de ressortissants français actuellement détenus en Azerbaïdjan. Bien que le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, ait confirmé que des discussions techniques sont en cours, le gouvernement français maintient fermement son engagement à soutenir l'Ukraine et à maintenir la pression sur l'appareil de guerre russe, réfutant toute volonté d'alléger les sanctions globales contre les proches du Kremlin.
Le profil d'Alicher Ousmanov
Alicher Ousmanov, milliardaire d'origine ouzbèke âgé de 73 ans, est une figure centrale de cette controverse. Ancien dirigeant d'une filiale de Gazprom et ex-copropriétaire du club de football d'Arsenal, il conteste vigoureusement son inscription sur la liste noire de l'UE. Depuis le gel de ses actifs en 2022, il multiplie les actions en justice pour contester son étiquette d'« oligarque proche de Poutine », arguant qu'il n'a jamais été impliqué dans la politique russe.
La réaction de Kiev
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a vivement réagi à cette séquence, soulignant que le moment n'est pas à l'assouplissement des mesures restrictives contre les élites économiques russes. Il a exhorté les partenaires européens à renforcer les sanctions existantes, estimant que ces personnalités du monde des affaires doivent prendre des positions concrètes contre le conflit en cours plutôt que de chercher à échapper aux mesures de rétorsion internationales.