La France autorise la chasse de 1,7 million d'animaux par an : les associations écologistes contre-attaquent

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 23 lectures
La France autorise la chasse de 1,7 million d'animaux par an : les associations écologistes contre-attaquent

Le gouvernement français a publié une liste d'espèces jugées 'nuisibles', autorisant leur abattage massif sur trois ans. Une décision qui suscite l'indignation des associations environnementales, dénonçant un texte inefficace, coûteux et influencé par le lobby de la chasse.

Une liste controversée de 1,7 million d'animaux ciblés

Chaque année, jusqu'à 1,7 million d'animaux pourront être tués en France au nom de cette classification. Parmi les espèces concernées figurent le renard, la belette, la fouine et la martre, autorisées à être piégées ou déterrées, parfois sans restriction de lieu. D'autres, comme le corbeau freux ou la pie bavarde, sont également visées, mais avec des conditions géographiques ou temporelles. Les associations dénoncent une mesure disproportionnée, rappelant que les études scientifiques démontrent l'inefficacité de ces pratiques pour réduire les dégâts agricoles.

Des associations déterminées à saisir la justice

Plusieurs organisations, dont One Voice, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et l'ASPAS, ont annoncé leur intention de déposer un recours devant le Conseil d'État pour faire annuler cet arrêté. Elles accusent le gouvernement d'avoir cédé à la pression du lobby de la chasse et soulignent que l'éradication de ces espèces coûte quatre fois plus cher que les dommages qu'elles sont censées causer. L'ASPAS critique notamment le classement systématique du renard comme nuisible, alors que cet animal joue un rôle écologique bénéfique pour l'agriculture.

Une politique coûteuse et scientifiquement contestée

Une étude récente du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) confirme l'inutilité de ces mesures : aucune preuve ne démontre que l'abattage massif réduit les dégâts. Les chercheurs recommandent plutôt de se concentrer sur des solutions préventives, non létales. Pourtant, la gestion de ces espèces coûte entre 103 et 123 millions d'euros par an, contre seulement 8 à 23 millions pour les dommages réels. Un déséquilibre économique qui interroge sur la pertinence de cette politique.

Le renard, symbole d'une bataille plus large

Le cas du renard illustre les tensions autour de cette liste. Autorisé à être chassé « en tout lieu » avec ou sans chien, il incarne les contradictions d'une mesure présentée comme une solution, alors que son utilité écologique est reconnue. Les associations y voient une victoire du lobby cynégétique, au détriment de la biodiversité et des finances publiques. Leur combat juridique pourrait redéfinir les règles de la gestion des espèces en France dans les années à venir.

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