L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) annonce une extension de la durée de vie de 47 médicaments parmi les plus vendus en France, passant de trois à quatre ou cinq ans. Une mesure destinée à réduire le gaspillage, les pénuries et l’impact environnemental lié à la production et à la destruction des produits pharmaceutiques.
Des antidouleurs et antibiotiques concernés
Parmi les médicaments éligibles figurent des produits emblématiques comme le Dafalgan, l’Efferalgan, ainsi que des traitements à base d’amoxicilline, de lévothyroxine ou de lithium. Ces médicaments, déjà parmi les plus consommés en France, pourraient ainsi être conservés deux fois plus longtemps sans altération de leur efficacité. L’ANSM a convaincu une quinzaine de laboratoires de relancer des études de stabilité pour valider cette extension, initialement limitée à trois ans.
Des tests rigoureux pour garantir la sécurité
Pour rallonger la durée de conservation, les laboratoires devront soumettre leurs produits à des tests en conditions contrôlées : températures et humidité constantes, analyses chimiques et physiques pour vérifier l’intégrité du principe actif et l’absence de dégradation. Valérie Salomon, directrice des métiers scientifiques de l’ANSM, précise que ces études permettront de confirmer que les médicaments restent stables et sûrs sur une période prolongée. Aucune modification de composition ou de conditionnement n’est prévue : seuls les résultats des tests détermineront l’éligibilité.
Un calendrier strict et des enjeux environnementaux
Lancé en novembre 2025 à l’occasion de la COP30, ce projet s’inscrit dans une logique de durabilité. L’appel à candidatures, ouvert jusqu’au 30 avril 2026, permettra à l’ANSM d’évaluer annuellement les médicaments éligibles. Sur les 73 produits initialement identifiés, 47 devraient obtenir une durée de conservation étendue. Cette initiative vise aussi à atténuer les risques de pénuries, souvent exacerbés par le gaspillage et les délais de production. Les consommateurs devront cependant respecter scrupuleusement les conditions de conservation indiquées sur les emballages.
Une liste consultable en ligne pour plus de transparence
Les médicaments concernés par cette mesure sont répertoriés dans un document publié par l’ANSM, accessible au public. Cette transparence permet aux professionnels de santé et aux patients de s’informer directement sur les produits éligibles. Une avancée qui pourrait inspirer d’autres pays dans leur lutte contre le gaspillage pharmaceutique et la préservation des ressources.