Ils ont changé les mots. Pas les pratiques.
On ne dit plus « Françafrique ». On dit « partenariat stratégique », « coopération renforcée », « investissement durable ». Les costumes ont changé. Les acteurs aussi, parfois. Mais le système, lui, tourne toujours. Et l'Afrique continue de payer.
Une architecture bâtie pour durer
La Françafrique n'est pas née d'un accident. Elle a été construite méthodiquement par Jacques Foccart, conseiller de l'Élysée, architecte d'un réseau de présidents à solde, de chefs de guerre financés, de ressources pillées avec la bénédiction de Paris. Entre 1960 et 1990, la France est intervenue militairement plus de quarante fois en Afrique subsaharienne. Pas pour défendre des populations. Pour défendre des intérêts.
Le franc CFA a été l'outil financier de cette domination : une monnaie coloniale qui oblige encore aujourd'hui quatorze pays africains à déposer 50 % de leurs réserves au Trésor français. Ce n'est pas de la coopération. C'est de la tutelle institutionnalisée.
La métamorphose du prédateur
Aujourd'hui, la Françafrique s'est modernisée. Elle passe par les multinationales françaises — Bolloré, Total, Orange — qui contrôlent ports, télécoms et hydrocarbures. Elle passe par les bases militaires : au Sénégal (jusqu'en 2024), au Tchad, en Côte d'Ivoire, au Gabon. Elle passe par des accords de défense signés dans l'obscurité, qui donnent à Paris le droit d'intervenir sans mandat africain.
Le départ militaire français du Mali, du Burkina et du Niger après 2023 n'est pas une victoire définitive : c'est un recul tactique. La France négocie déjà ses repositionnements au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Bénin. Le système cherche de nouveaux points d'ancrage.
Résistances et ruptures
Mais quelque chose a changé. Les peuples africains, eux, ne jouent plus le jeu. Les drapeaux russes brandis à Bamako, les foules anti-françaises à Ouagadougou, les manifestations à Dakar contre les bases militaires étrangères : ce sont les signes d'un réveil. Une jeunesse qui refuse l'humiliation héritée. Une conscience panafricaine qui se réaffirme.
La rupture ne sera pas un événement. Ce sera un processus long, difficile, semé d'embûches. Mais il est engagé. Et rien ne pourra l'arrêter, sauf la trahison de nos propres élites.
La souveraineté n'attend pas la permission de Paris
L'Afrique n'a pas besoin que la France lui accorde son indépendance. Elle l'a déjà. Ce qu'il faut maintenant, c'est la courage de l'exercer pleinement : contrôler ses ressources, choisir ses partenaires, former ses armées, bâtir ses institutions sans tutelle externe. La Françafrique ne mourra que quand l'Afrique aura décidé, collectivement et résolument, qu'elle est morte.
On ne dit plus « Françafrique ». On dit « partenariat stratégique », « coopération renforcée », « investissement durable ». Les costumes ont changé. Les acteurs aussi, parfois. Mais le système, lui, tourne toujours. Et l'Afrique continue de payer.
Une architecture bâtie pour durer
La Françafrique n'est pas née d'un accident. Elle a été construite méthodiquement par Jacques Foccart, conseiller de l'Élysée, architecte d'un réseau de présidents à solde, de chefs de guerre financés, de ressources pillées avec la bénédiction de Paris. Entre 1960 et 1990, la France est intervenue militairement plus de quarante fois en Afrique subsaharienne. Pas pour défendre des populations. Pour défendre des intérêts.
Le franc CFA a été l'outil financier de cette domination : une monnaie coloniale qui oblige encore aujourd'hui quatorze pays africains à déposer 50 % de leurs réserves au Trésor français. Ce n'est pas de la coopération. C'est de la tutelle institutionnalisée.
La métamorphose du prédateur
Aujourd'hui, la Françafrique s'est modernisée. Elle passe par les multinationales françaises — Bolloré, Total, Orange — qui contrôlent ports, télécoms et hydrocarbures. Elle passe par les bases militaires : au Sénégal (jusqu'en 2024), au Tchad, en Côte d'Ivoire, au Gabon. Elle passe par des accords de défense signés dans l'obscurité, qui donnent à Paris le droit d'intervenir sans mandat africain.
Le départ militaire français du Mali, du Burkina et du Niger après 2023 n'est pas une victoire définitive : c'est un recul tactique. La France négocie déjà ses repositionnements au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Bénin. Le système cherche de nouveaux points d'ancrage.
Résistances et ruptures
Mais quelque chose a changé. Les peuples africains, eux, ne jouent plus le jeu. Les drapeaux russes brandis à Bamako, les foules anti-françaises à Ouagadougou, les manifestations à Dakar contre les bases militaires étrangères : ce sont les signes d'un réveil. Une jeunesse qui refuse l'humiliation héritée. Une conscience panafricaine qui se réaffirme.
La rupture ne sera pas un événement. Ce sera un processus long, difficile, semé d'embûches. Mais il est engagé. Et rien ne pourra l'arrêter, sauf la trahison de nos propres élites.
La souveraineté n'attend pas la permission de Paris
L'Afrique n'a pas besoin que la France lui accorde son indépendance. Elle l'a déjà. Ce qu'il faut maintenant, c'est la courage de l'exercer pleinement : contrôler ses ressources, choisir ses partenaires, former ses armées, bâtir ses institutions sans tutelle externe. La Françafrique ne mourra que quand l'Afrique aura décidé, collectivement et résolument, qu'elle est morte.