Le secteur des entreprises d'État au Ghana affiche un redressement financier notable en 2025, marqué par un retour aux bénéfices après quatre années de pertes. Toutefois, cette embellie globale est tempérée par la situation critique de la compagnie nationale d'électricité, l'Electricity Company of Ghana (ECG), dont les passifs colossaux continuent de menacer la stabilité financière du portefeuille public.
Un poids financier concentré sur l'ECG
Selon le rapport 2025 de la State Interests and Governance Authority (SIGA), les passifs cumulés des entreprises d'État ont légèrement reculé de 4,31 % pour atteindre 281,99 milliards de GH¢. Au cœur de ce bilan, l'ECG cristallise les inquiétudes avec une dette atteignant 82,31 milliards de GH¢. Cette concentration de risques financiers au sein d'un nombre restreint d'entités demeure un point de vigilance majeur pour les autorités, alors que l'ECG figure parmi les structures ayant enregistré des pertes systématiques sur la période 2021-2025, aux côtés notamment de la Ghana Digital Centres Limited et de la Graphic Communications Group Company.
Une dynamique de redressement global
Le secteur public ghanéen a pourtant enregistré une performance opérationnelle encourageante en 2025. Le chiffre d'affaires global a progressé de 28,12 %, atteignant 176,43 milliards de GH¢. Cette dynamique a permis de dégager un bénéfice net après impôts de 19,80 milliards de GH¢, rompant avec la perte de 2,25 milliards de GH¢ observée l'année précédente. Ce retour à la rentabilité a été soutenu par une meilleure gestion des coûts financiers, en baisse de 42,49 %, et par des gains de change favorables liés à l'appréciation du cedi, générant 11,72 milliards de GH¢ de revenus nets en devises.
Exigences de gouvernance et de performance
Malgré ces indicateurs macroéconomiques positifs, la SIGA appelle à la prudence. La baisse de 29,36 % des dividendes versés à l'État, limités à seulement 16 millions de GH¢ pour l'ensemble du secteur, illustre une capacité de contribution au budget national encore insuffisante. Par ailleurs, plusieurs entités, dont la Tema Oil Refinery et AirtelTigo Ghana Limited, maintiennent des capitaux propres négatifs depuis cinq ans. Pour le directeur général de la SIGA, le professeur Michael Kpessa-Whyte, les résultats de 2025 ne doivent pas être perçus comme un simple rebond temporaire. L'institution préconise désormais une discipline accrue dans l'allocation des capitaux et des interventions décisives pour transformer les entreprises sous-performantes en véritables leviers de croissance durable pour l'économie ghanéenne.