La multiplication récente des interruptions de courant au Ghana soulève de vives inquiétudes quant à la résilience du réseau électrique national. Ben Boakye, directeur exécutif de l'Africa Centre for Energy Policy (ACEP), appelle à des mesures correctives immédiates pour prévenir un risque croissant d'effondrement systémique du système énergétique.
Vulnérabilités techniques du réseau de transmission
Les récentes perturbations, dont la plus récente a été localisée sur la ligne de transmission d'Akosombo, mettent en lumière une fragilité structurelle. Le réseau ghanéen repose sur une combinaison de lignes de 161kV et de 330kV. Selon l'analyse de l'ACEP, cette configuration crée un risque majeur de défaillances en cascade : lorsqu'une ligne à haute tension (330kV) subit une avarie, la charge est automatiquement transférée vers le réseau 161kV. Ce dernier, incapable d'absorber un tel surplus, risque de saturer, provoquant ainsi des coupures d'une ampleur nationale.
Défauts de protection et déséquilibre du système
Au-delà de la capacité des lignes, Ben Boakye pointe du doigt l'insuffisance des mécanismes de protection au niveau du poste électrique d'Akosombo. En cas de défaut technique, l'absence d'isolation rapide des centrales de production entraîne des déséquilibres de fréquence. Au lieu de circonscrire l'incident à une zone géographique limitée, le système réagit par une mise hors service globale des installations, transformant un incident localisé en une panne généralisée.
Nécessité d'investissements structurels
Pour pallier ces risques, l'expert préconise une stratégie en plusieurs étapes. À court terme, il est impératif de mettre en place des systèmes permettant d'isoler instantanément les centrales de production dès qu'une ligne majeure défaille. À plus long terme, la solution réside dans le renforcement et l'extension du réseau de transmission. La création d'un maillage complet, incluant des lignes de 330kV supplémentaires, permettrait de diversifier les voies d'évacuation de l'énergie et de garantir une redondance indispensable à la sécurité énergétique du pays. Les autorités sont désormais appelées à mener une enquête approfondie pour identifier les causes racines de ces incidents récurrents.